‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 3 sur 141 · PRÉFACE. Y · texte numérisé non relu

PRÉFACE. Y

coup de lois de despotisme et d'exception étaient à réformer; elles l'auraient été.

En même temps ce n'étaient plus des partis assemblés en clubs bruyants et menaçants qui agissaient sur l'opinion publique; elle n'avait plus pour organes mensongers ces réunions d'individus médiocres, ignorants, vulgaires, tous à peu près égaux et n'endurant aucune supériorité. Maintenant les gouvernants, les ministres, les orateurs étaient en évidence, appréciés diversement sans doute selon les préventions de parti, mais jugés par un public attentif et libre d'esprit, qui s'entretenait de leurs opinions, de leur talent, de leur caractère, de leur capacité; un commencement de liberté permettait de s'élever au-dessus du niveau de l'égalité. Ainsi l'histoire de cette courte période comporte l'intérêt des noms propres et peut devenir parfois plus dramatique que narrative.

Mais ce n'était pas à la tribune , ni dans la vie civile qu'on voyait naître et s'élever les hautes renommées et les positions considérables. Hormis par le recrutement des armées , le gouvernement révolutionnaire avait exercé une autorité funeste sur la conduite de la guerre ; il avait compromis plutôt qu'aidé la défense du territoire. Ses commissaires prescrivaient aux généraux des opérations impossibles ou mal conçues ; ils mettaient le désordre dans l'administration militaire et substituaient la terreur à la discipline. Les généraux, suspects après leurs victoires , étaient envoyés à Téchafaud après leurs défaites. Le seul dès membres du comité de salut public qui connût le prix de l'ordre et de la

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