ESPRIT DU GOUVERNEMENT DIRECTORIAL
lui ^ était un républicain honnête et modéré, n'accepta pas non plus. Alors le Directoire plaça à ce nouveau ministère Merlin de Douai, qui, au ministère de la justice où il était depuis deux mois , s'était montré le patron zélé des Jacobins et les avait placés dans tous les emplois dont il disposait. Genissieux, qui le remplaça au refus de Treilhard, était un des révolutionnaires les plus animés du conseil des Cinq- Cents.
Le choix de Merlin pour le ministère de la police, Tappui que le parti conventionnel avait accordé à cette nouvelle institution, indiquaient assez qu'elle était destinée, non pas à défendre l'ordre public contre les menaces et les complots des Jacobins de Babeuf, mais à poursuivre avec une activité nouvelle tout ce qui , sous le nom de royalisme et de contre-révolution , inquiétait les républicains de 1793. Ils ne se remettaient point de la peur qu'ils avaient ressentie, lorsque, avant le 13 vendémiaire, ils avaient vu l'opinion déchatpée contre la Convention. Les élections leur inspiraient une indignation qui ne s'apaisait point; leur colère était d'autant plus vive qu'ils prévoyaient le résultat du prochain renouvellement; dans un an ils allaient perdre la majorité. La crainte de voir la région du gouvernement envahie par une opinion contraire à la tyrannie révolutionnaire, par des hommes étrangers à tout ce qui s'était fait depuis le 10 août jusqu'au 13 vendémiaire, ne laissait pas le sang-froid aux Montagnards et aux Thermidoriens. Les mots d'émigrés , de chouans , de prêtres insermentés , de réactionnaires les mettaient dans une sorte de fureur. Le parti royaliste n'était cependant pas devenu plus for. midable ; il n'était pour rien dans l'opinion de Paris.