‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 38 sur 141 · ESPRIT OU GOUVERNEMENT DIRECTORIAL · texte numérisé non relu

ESPRIT OU GOUVERNEMENT DIRECTORIAL

Le comité qu'avait formé Lemaître n'avait pas, il est vrai, cessé d'exister, ni de correspondre avec les Vendéens et les princes émigrés. Les rapports qui leur étaient adressés, ne pouvaient pas donner d'espérances fondées sur l'état actuel de Paris; seulement ils représentaient le gouvernement directorial , comme peu établi et menacé dans un avenir assez prochain par les factions actives et mal réprimées. En même temps ils soutenaient et encourageaient la constance de Charette et des chefs de chouans.

Le général Hoche savait ^ soit en saisissant les correspondances , soit par les informations qu'il se procurait, toutes ces intrigues royalistes; il y attachait une importance exagérée ; non pas qu'il supposât que la guerre civile dût se prolonger longtemps; la Vendée n'avait plus aucun secours à espérer de l'île dTeu et de l'Angleterre, mais il était inquiet pour l'avenir de la République, et irrité contre les émigrés, les Vendéens et les royalistes; il les regardait comme de mortels et irréconciliables ennemis, dont on ne devait jamais espérer une soumission sincère.

Ce qui suscitait ou entretenait le désordre dans quelques départements, c'était surtout la faiblesse du gouvernement directorial, la conduite des magistrats judiciaires ou administratifs , les uns élus par les assemblées électorales et peu dévoués, les autres choisis par le Directoire ou par ses commissaires extraordinaires , et trop zélés dans leur réaction jacobine. La Normandie et surtout le département du Calvados étaient eu proie à une chouannerie insulfisamment réprimée qui était un brigandage plutôt qu'une guerre civile. Beaucoup de pillages et de

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