‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 52 sur 141 · DÉCLARATION DE LOUIS XVIII · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE LOUIS XVIII

un vainqueur et un maître , et que les pardons et les amnisties dépendraient uniquement de sa clémence et de sa générosité ; mais son entourage, mais les émigrés, mais les courtisans et les conseillers intimes de la contre-révolution ne tenaient point ce langage. N'auraientils aucune influence? Aucune autorité ne leur seraitelle confiée? Ne réussiraient-ils pas à détourner, au profit de leurs vengeances ou de leurs intérêts lésés, remploi du pouvoir absolu? Telles étaient les questions que soulevait cette proclamation. D'ailleurs elle mentionnait expressément une exception fort concevable de la part du frère de Louis XVI ; sans se conformer aux chrétiennes intentions du roi martyr, sans réfléchir que la politique pourrait conseiller la même clémence, il appelait le glaive de la justice sur la tête des conventionnels, qui , le 21 janvier, avaient voté la mort. Or, le Directoire exécutif, nommé par la majorité de la Convention , était composé de cinq conventionnels régicides. Ainsi le gouvernement républicain était engagé dans une guerre à mort avec une restauration monarchique. Par combien de convulsions intérieures, par combien de guerres civiles et étrangères faudrait- il passer avant de la concevoir comme possible?

Les paroles adressées à l'armée étaient offensantes — « Qui eût osé croire que la perfidie et la rébellion pourraient atteindre cette armée, jadis l'appui du trône et dévouée de tout temps à l'honneur et au roi? Ses victoires ont prouvé que le courage est ineffaçable dans le cœur des Français ; mais que de larmes doivent coûter ces succès si funestes. Us ont été le principe de l'oppression générale. Ils ont été l'appui ; ils ont fomenté Taudace de vos exécrables tyrans. C'est l'instrument dont la Providence s'est servie pour le châtiment

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