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152 GUERRE CONTRE CHARBTTE.
rencontra au-devant de lui une nombreuse cavalerie républicaine. La défense fut désespérée. Dans un chemin creux , où les chevaux s'enfonçaient dans les bourbiers, où à peine deux cavaliers pouvaient passer de front 9 les Vendéens étaient écrasés par les dragons républicains, qui les sabraient ou les tuaient à coups de pistolet à bout portant. Là périrent le frère et le neveu de Charette, ainsi qu'un jeune Baumel, neveu de La Bochejacquelein , qui avait succédé à La Roberie dans le commandement de la cavalerie.
Le soir^ lorsqu'on put s arrêter et se compter, il ne restait plus que cinquante cavaliers autour de Charette ; les plus vaillants étaient morts. Beaucoup d'autres avaient disparu pour ne plus revenir. Trois des chefs de division qui avaient conseillé la paix allèrent se rendre au commandant républicain de Vieille -Vigne. Ils furent bien accueillis et donnèrent à espérer qu'ils feraient prendre Charette. Hoche, après quelques informations, n'eut pas confiance en leur trahison et les envoya prisonniers au château de Saumur*,
Le curé de la Rabatelière soupçonné, d'après de graves indices , d'avoir aussi oflfert aux commandants républicains de leur faire connaître l'asile où Charette s'était retiré, fut massacré, sinon par ses ordres, du moins par deux soldats de son armée qui le lui avaient dénoncé.
Quelques jours après Charette avait réuni environ trois cents jeunes honunes , qui pleins d'ardeur et de dévouement pour lui , étaient venus lui demander des armes et des munitions. A peine avait-on commencé à
4. La Roberie n'avait pas encore fait sa soumission. Elle fut da % mara, et la lettre de Hoche est du 27 février.
MORT DB CHARETTB. 153
leur en distribuer que les républicains arrivèrent. Ce fut une nouvelle déroute où Charette perdit le reste de sa cavalerie : le soir il arriva, lui troisième , à cinq lieues du village où Ton avait combattu.
Depuis lors ce ne fut plus une guerre, mais une chasse : ce n'était pas à le vaincre, mais à le traquer qu'étaient occupés les officiers républicains. Jamais il ne passait plus de deux heures dans le même endroit. Partout des postes ou des patrouilles qui l'entouraient ou le poursuivaient ; partout la crainte d'être trahi ou vendu. Les habitants qui lui avaient donné l'hospitalité étaient emmenés en prison et leur maison pillée; souvent il avait des rencontres avec quelque détachement, où était encore diminué le très-petit nombre de ses compagnons.
Telle fut la vie qu'il mena pendant les trois premières semaines du mois de mars 1796 ^ Dans la nuit du 23 au 24, il avait couché dans une maison sûre près du village de Mormaison. Au point du jour, on entendit des coups de fusil. Le commandant Yalentin faisait une battue générale; le hameau était cerné; on fouillait les genêts; on visitait les maisons. Néanmoins, après cinq heures de marche en traversant les haies et les fossés, Charette se trouva dans un petit bois. Les républicains l'avaient suivi de loin, mais sans le perdre de vue, et, pendant cette longue course on s'était mutuellement tiré des coups de fusil. Quelques-uns de ses compagnons avaient été tués et il avait été blessé plusieurs fois; enfin ses forces étaient épuisées; il tomba à genoux au pied d'un arbre, et s*écria d'une voix déjà af-