‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 59 sur 141 · Mémoires manuscrits de l'abbé Remaod, témoin oculaire · texte numérisé non relu

Mémoires manuscrits de l'abbé Remaod, témoin oculaire

154 MORT DE CHilRBTTfi.

faiblie : — « Courage, mes amis, combattons jusqu'à la mort pour Dieu et pour le roi ! » — Alors un de ses braves soldats, Gaffet, s'élança vers lui. — «Mon gêné* rai, dit-il, nous sommes forcés. Donnez-moi votre chapeau; ils me prendront pour vous. On me poursuivra; je serai tué, mais vous pourrez vous sauver* »

Il le fit comme il le disait. Les cavaliers se mirent à sa poursuite; mais en revenant sur ses pas pour trou» ver passage dans une haie, il se retourna. Un des guides des républicains reconnut que ce n'était pas Charette. On retourna dans le bois. Son fidèle domestique avait essayé de l'emporter; il était tombé percé de balles sur le corps sanglant de son maître presque évanoui.

Poursuivi par la colonne de l'adjudant Yalentin, Charette avait été rejeté sur la colonne de l'adjudant général Travot. — « Est-ce toi, Charette? dit -il. — N'est-ce pas Travot qui me prend? Eh bien oui, je suis Charette. n

Travot doutait encore ; il répéta sa question. — « Foi de Charette, c'est moi-même. » Alors Travot Taida à se relever, et lui montra beaucoup d'égards. Un républicain voulut se jeter sur lui et le percer de sa baïonnette, Travot le fit arrêter et punir sévèrement*

Charette fut conduit d'abord à Angers^ puis à Nantes, où il arriva en bateau escorté de chaloupes canonnières, par précaution contre les entreprises qu'auraient pu faire les Chouans de M. de Scepeaux pour le délivrer. En descendant du bateau, il dit avec quelque émotion : — « Voilà donc où m'ont conduit ces gueux d'Anglais! M

Le capitaine chargé de le garder en prison se comporta convenablement et ne permit à personne de manquer d'égards pour lui. Il s'entretint pendant quelques

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