PREMIÈRE CAMPAGNE D*ITALIE
son arrivée, ils comprirent quelle autorité il allait exercer sur eux et que ce chef d'armée n'était semblable à aucun de ceux qu'on avait vus jusqu'alors. Quelquesuns voulurent, selon Tusage, le flatter aux dépens de son prédécesseur. Il ne se prêta point à les écouter ; leur enseignant ainsi à ne se point permettre de critiquer celui à qui ils devaient obéir. Lies soldats se sentalent déjà ranimés et remplis d ardeur par la proclamation , le langage et la contenance de leur nouveau général.
Le projet depuis longtemps conçu par le général Bonaparte était de passer les montagnes au-dessus de Savone, au point où elles sont le plus abaissées, à la jonction des Alpes avec les Apennins. Par cette marche, il devait descendre dans les plaines du Piémont et se placer entre l'armée autrichienne, commandée par le général Beaulieu, qui occupait les environs d'Alexandrie et de Tortone couvrant ainsi la Lombardie, et l'armée austro-sarde commandée par le baron de CoUi, qui , placée au revers des montagnes entre la Bormida et la Stura, défendait la plaine du Piémont et la route de Turin.
Afin de cacher aux Autrichiens le mouvement qu'il allait exécuter, le général Bonaparte poussa l'avantgarde de son aile droite jusqu'à Voltri, menaçant Gênes. En même temps le ministre de France près cette République demanda impérieusement au sénat de livrer passage à l'armée française par le col de la Bocchetta : c'est la route de Gênes à Alexandrie; par là il semblait que le projet du général Bonaparte était d'attaquer l'armée autrichienne.
Le général Beaulieu accourut au secours de Gènes. Le comte d'Argenteau commandait un corps, qui, occu-