LETTRE DE BABEUF AU DIHECTOIRE
soutien naturel et nécessaire que les Directeurs cherchaient à conserver.
Mais les égaux avaient commis la faute de se séparer des révolutionnaires, de vouloir détruire la ôociété, tandis que ceux-ci désiraient seulement la dominer et la régir; aussi le Directoire avait-il à prendre soin que la répression et les châtiments fussent spécialement réservés pour les sectaires de Babeuf sans atteindre les Montagnards ; telle fut son intention dès le premier moment.
Ces deux ' sortes de révolutionnaires aveuglés par leurs intérêts encore plus que par leurs opinions commettaient une grave erreur. Ils ne voyaient en France que des royalistes et des républicains ; c'était oublier la masse nationale qui ne demandait que Tordre et le repos , qui voulait la justice pour tous , qui se tenait prête à obéir volontiers à tout gouvernement où elle pourrait espérer ces biens qu'elle avait perdus. Le Directoire ne voulait pas les lui rendre ; il ne comprenait pas qu'il n'aurait aucune chance de durée tant qu'il n'écouterait point ce vceu public. C'était là ce qui le menaçait et non pas le royalisme. Les égaux conspiraient pour achever le bouleversement social et la nation applaudissait à la ruine de leurs desseins , à la punition de leurs affreux complots , tandis que Babeuf se flattait d'être divinisé par la voix du peuple.
11 ne trouva ni un appui ni une consolation dans l'opinion publique. 11 a fallu un demi-siècle pour que le souvenir d'exécration s'étant effacé , les mêmes passions, les mêmes hypocrisies, les mêmes chimères aient reparu pour concevoir et tenter les mêmes crimes.
Les Montagnards du conseil des Cinq-Cents ne pouvalent se porter pour défenseurs de Babeuf et du co-