NOUVELLES NÉGOCIATIONS AVEC ROME
sances qui l'avaient suscité contre la France et compromis avec l'armée d'Italie. Ses conseillers, passionnés et ignorants des affaires politiques, l'avaient placé dans une situation qui aurait été funeste, si le général en chef n'avait pas eu intérêt à le ménager et à fermer les yeux sur tout ce qui s'était tramé à Rome contre la France. Maintenant les négociations allaient sans doute devenir plus faciles. Le général Bonaparte avait été formellement autorisé à les diriger en y employant M. Cacault. 11 se rendit à Ferrare et descendit chez le cardinal Mattei. 11 comptait sur sa bonne volonté et le moment était venu d'employer son influence. Il lui adressa, le 21 octobre, une lettre ostensible; elle était datée de Ferrare et avait sans doute été précédée de plusieurs conversations.
— « La cour de Rome a refusé les conditions que lui a offertes le Directoire; elle a rompu l'armistice; elle arme; elle veut la guerre; elle l'aura. Mais je ne puis de sang-froid prévoir la ruine et la mort des insensés qui voudraient faire obstacle aux phalanges républicaines. Je dois donc à ma nation, à l'humanité, à moi-même de tenter un dernier effort pour ramener le Pape à des sentiments plus modérés, conformes à ses vrais intérêts, à son caractère, à la raison. Pour détruire la puissance temporelle du Pape, il ne me faudrait que le vouloir. Allez à Rome ; voyez le saintpère; arrachez-le aux intrigants qui l'environnent et qui veulent sa perte. Le gouvernement français permet encore que j'écoute des négociations de paix. Tout pourrait s'arrainger. La guerre, si cruelle pour les peuples, a des résultats terribles pour les vaincus : évitez de grands malheurs au Pape; vous savez combien je désire finir ])ar la ])aix une lutte que la