VI PRÉFACE
raison, dont les plans de campagne fussent miirenient étudiés, ne rencontrait parmi ses collègues que haine et envie; à peine réussissait-il à sauver quelques généraux de la hache révolutionnaire. La guerre était défensive, et comme, avec un tel gouvernement, la paix était impossible , les forces de la France se seraient usées sans qu'elle reprît son rang parmi les puissances de l'Europe.
La bataille de Fleurus, qui précéda de peu de jours le 9 thermidor, fut le début et le présage des invasions * et des conquêtes de l'armée française; la guerre devint la grande affaire du pays , sur qui ne pesait plus une tyrannie, où conserver sa vie et sa propriété était devenu l'unique pensée de chaque citoyen. Le sentiment de la gloire nationale se développa ; les généraux prirent dans l'opinion et dans la conduite des affaires une importance qu'ils n'avaient point pendant la première période de la Convention; la force militaire commença à devenir un instrument, ou plutôt un auxiliaire, de l'autorité gouvernementale. Pichegru et Hoche étaient des personnages politiques même avant le 13 vendémiaire. De ce jour-là il fut possible de prévoir que dorénavant les révolutions seraient opérées par l'armée et ' que les généraux deviendraient les maîtres de la situation. Le Directoire, en employant ce moyen de défense au 18 fructidor, n'ignorait pas qu'il créait un danger dont bientôt il serait menacé. Pour échapper au péril actuel , il assura sa propre ruine dans un avenir prochain. Ainsi l'histoire du gouvernement que la Convention institua pour lui succéder doit présenter un autre aspect que l'époque précédente : ce ne seront plus les