‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 51 sur 110 · DÉCLARATION DE LOUIS XVIII · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE LOUIS XVIII

laissé de réalité aux garanties sans cesse réclamées , et ne s'étaient jamais résignés à aucun contrôle de leur autorité, il fallait bien convenir que beaucoup d'abus avaient altéré ces lois constitutionnelles et avaient pu faire douter de leur existence.

Louis XVllI rappelait donc que son frère avait voulu des réformes indispensables, et avait laissé à son successeur le devoir de les accomplir. C'est ainsi qu'il répondait d'avance à la voix publique qui niait la prétendue constitution de l'ancien régime; il ajoutait avec plus de raison qu'il vaut mieux, quand cela est possible, réformer ce qui est ancien qu'essayer ce qui est nouveau; mais il ne s'engageait pas à ces réformes: elles étaient ajournées à l'époque où l'autorité royale, ayant recouvré la plénitude de ses droits , aurait remis toutes cboses dans l'ordre et dans le calme. En insistant sur le rétablissement des trois ordres, et de « cette échelle de subordination, » si violemment brisée par la Révolution, il touchait une fibre singulièrement irritable.

Le roi s'affligeait et s'indignait qu'on le peignît, aux yeux des Français, comme un vengeur irrité. Il assurait d'avance qu'à ses yeux les crimes ne paraîtraient que de simples erreurs ; que tous les Français qui, abjurant des opinions funestes, viendraient se jeter aux pieds du trône, y seraient reçus; que les Français coupables trouveraient en lui non plus un juge inflexible, mais un père compatissant, — « Tous seront nos enfants : les uns en ont conservé le titre par une vertu constante ; les autres l'ont reconquis par un salutaire repentir ; tous participent à notre amour. »

C'était de nobles sentiments; toutefois leur expression supposait que le roi reviendrait et régnerait comme

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