‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 65 sur 110 · BATAILLE DE LODI · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LODI

trichienne était arrivée et s'était fortifiée dans un village de la rive gauche ; il importait d'en déloger l'ennemi avant que des forces considérables vinssent le joindre; l'attaque fut vive et obtint un prompt succès.

Cependant Beaulieu était arrivé et sa marche avait été plus rapide que ne l'avait calculé le général Bonaparte. Une division française fut surprise, et le général Laharpe , qui la commandait , fut tué dans un combat de nuit.

Le 1 0, l'armée marcha sur Lodi ; cette ville est située sur la rive gauche de l'Adda , qui , sortant du lac de Côme, descend d'un cours rapide se jeter dans le Pô. Le général autrichien n'ayant pu défendre la hgne du Tessin , s'était hâté de venir se placer sur l'Adda. Une forte arrière-garde arrêta la marche de l'armée française, qui ne put entrer à Lodi avant que Beaulieu eût pris ses mesures pour défendre le passage de la rivière. Elle est en cet endroit profonde et torrentielle. Le pont qui la traverse a cent toises de long ; trente pièces de canon en défendaient les approches. Une armée de trente -cinq mille hommes occupait la rive gauche. C'était une grande bataille à livrer.

Le général Bonaparte résolut de passer ce pont le jour même sous le feu de l'ennemi et de l'étonner par une opération si hardie. Une batterie fut placée en face de la batterie autrichienne. Une colonne de cavalerie fut envoyée vers un gué qui était praticable. Le feu de l'artillerie française détermina un mouvement de la ligne autrichienne qui se recula dans un pli du terrain pour être à l'abri des boulets. A ce moment, le général fit battre la charge et une colonne déboucha hors du rempart qui la masquait. Les feux des batteries ennemies

Page 1