VIII PREFACE
parte. 11 n'en pouvait être autrement. Le passé ne serait pas représenté avec fidélité , si Thistorien ne reproduisait pas la préoccupation dominante de la génération dont il doit faire connaître le caractère et les opinions. D'ailleurs le vainqueur de l'Italie devait clore l'époque républicaine; il était le successeur nécessaire et désigné du Directoire. Ainsi en ne le perdant pas de vue, on marche au dénoûment de cette phase historique. Son avènement ne fut un hasard ni pour lui ni pour la France. Une nécessité prévue et non pas une fatalité aveugle produisit le 18 brumaire.
Le règne du Directoire doit être surtout étudié comme une des phases de la Révolution, de cette révolution prolongée durant tant d'années et toujours renaissante. Il n'est plus possible d'en attribuer les renouvellements à la conduite de tel ou tel des gouvernements qu'elle a créés, puis renversés; le pouvoir ou l'influence de tels ou tels hommes, de tel ou tel parti n'expliquerait pas entièrement cette succession de crises qui n'ont jamais été un dénoûment. Il faut chercher une cause générale et reconnaître si la nation française ne porte pas en elle-même un mobile d'instabilité, une disposition à provoquer ou à subir de continuels changements. L'esprit révolutionnaire, après avoir exercé une puissance qui détruisit et bouleversa la vieille France, ne subsiste-t-il pas encore au sein de la société composée des débris de l'ancien ordre social .^
Lorsque les Girondins et les Jacobins travaillaient de concert à amener le 1 0 août, le gouvernement était monarchique de nom seulement, mais la société française,