‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 71 sur 110 · ÉTAT INTÉRIEUR DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT INTÉRIEUR DE LA RÉPUBLIQUE

mençaienl déjà à exalter le patriotisme des vrais républicains et à échauffer l'enthousiasme de la jeunesse; mais Paris ne perdait pas encore le souvenir du 13 vendémiaire. De leur côté, les anarchistes, les Jacobins et même les révolutionnaires politiques entrevoyaient que cet homme n'appartiendrait à aucun parti et pourrait devenir un maître.

La disgrâce de Pichegru, privé du commandement de l'armée du Rhin, était un sujet de regret pour le parti modéré; ses intrigues avec le prince de Condé, ses complots contre-révolutionnaires, sa mauvaise conduite à l'armée du Rhin, n'étaient nullement connus; personne ne les soupçonnait. Le Directoire lui montrait les plus grands égards. Une fête lui fut donnée par le ministre de l'intérieur; les journaux opposés au gouvernement célébraient sa gloire et s'étonnaient, en le déplorant, de l'ostracisme exercé contre lui.

De plus graves sujets de mécontentement disposaient les esprits à une malveillance croissante contre le Directoire. Il paraissait négligent ou impuissant à réprimer le désordre qui , à part de toute opinion politique, alarmait et ravageait presque tous les départements, même ceux qui environnent Paris. Les routes n'étaient point sûres; des bandes de brigands arrêtaient les voitures , pillaient les maisons dans la campagne; les rues de Paris étaient parfois le théâtre de violences et de vols. Le ministre de la police, occupé surtout à rechercher les agents ou les suspects de royalisme, à pénétrer leurs intrigues qu'il appelait des complots , à faire exécuter les lois de déportation contre les prêtres, devenait, de jour en jour, plus mal voulu du public. Le Directoire replaça Merlin au département de la justice et lui donna pour successeur Cochon de l'Apparent,

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