‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 72 sur 110 · ÉTAT INTÉRIEUR DE LA RÉPURLIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT INTÉRIEUR DE LA RÉPURLIQUE

membre du conseil des Cinq-Cents, conventionnel et votant de la mort du roi , mais qui appartenait à l'opinion modérée et jouissait de l'estime et de la confiance publique : ce choix fut universellement approuvé.

Une police active et sans complaisance pour la faction jacobine et anarchiste était d'autant plus nécessaire que l'audace des partisans de Babeuf allait toujours s'accroissant. Depuis que le général Bonaparte avait fermé leurs clubs , ils tramaient évidemment quelque sinistre complot, quelque sanglante insurrection.

C'est ce que les conventionnels des conseils et la majorité des Directeurs ne pouvaient se dissimuler; mais leur crainte était de deux sortes : ils se voyaient menacçs par les anarchistes qui ne dissimulaient point le projet de les exterminer ; cependant , sévir contre ce parti qui tirait son origine de l'esprit révolutionnaire, ce serait réveiller une réaction, et bientôt après elle remonterait jusqu'à eux. De là résultait la continuelle affectation de ne jamais dénoncer ou maudire les anarchistes sans leur adjoindre les royalistes, comme s'ils conspiraient en commun et marchaient au même but : c'était le thème que développait chaque jour le journal la Sentinelle^ écrit par Louvet ; le Moniteur parlait de la double bannière des anarchistes ; lorsque les journaux modérés répliquaient à cette absurde calomnie , Tallien s'indignait à la tribune contre la petite faction des royalistes constitutionnels : — « Ils veulent un mouvement de prairial, disait-il, et seraient contents de renverser par ce moyen un gouvernement qui déplaît aux royalistes et aux anarchistes; bientôt ils tenteront de renouveler les scènes de vendémiaire. »

Barras, Rewbell et La Reveillère s'associaient à cette fiction , encore que leur police sût à quoi s'en tenir sur

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