‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 81 sur 110 · BLOCUS DE MANTOUE · texte numérisé non relu

BLOCUS DE MANTOUE

du temps de Robespierre, qui avait répondu que cet asile ne serait pas considéré comme une violation de la neutralité. Mais, outre le projet de se réserver des motifs de rupture et de rigueur, il convenait au général de se montrer républicain et grand ennemi des royalistes dans les lettres ou bulletins destinés à être publiés en France. Ainsi il terminait cette dépêche par le paragraphe suivant : — « Les émigrés fuient de l'Italie; plus de quinze cents sont partis cinq jours avant notre arrivée. Ils courent en Allemagne porter leurs remords et leur misère. »

La ligne de l'Adige était forcée. Beaulieu était contraint à se retirer sur le Tyrol italien et laissait Mantoue sans autre défense que la forte garnison qu'il y avait enfermée. Prendre Mantoue était maintenant l'indispensable tâche de l'armée française. Cette ville est située au milieu de trois lacs formés par les eaux du Mincio, devenues stagnantes et marécageuses dans la plaine. Elle communique avec la terre ferme par cinq chaussées qui traversent de vastes marais ; une seule de ces chaussées était alors fortifiée par une citadelle à son débouché dans la plaine.

Grâce à l'activité des mouvements de l'armée française , il lui fut possible de s'emparer de l'entrée des quatre chaussées non défendues à leur extrémité ; mais c'était seulement un moyen de bloquer la ville , car y arriver par des chaussées étroites, en s'y avançant à force ouverte , était une entreprise impraticable.

Ainsi le siège de Mantoue ne fut d'abord qu'un investissement. Un corps de huit mille hommes fut placé devant la forteresse qui gardait l'issue de la

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