BLOCUS DE MANTOUE
digue du côté de Vérone ; les autres digues élaient occupées.
Aucune opération rapide, aucun grand résultat à atteindre soudainement n'occupait plus le général Bonaparte. 11 eut d'abord à réprimer, sinon des insurrections, du moins les incursions de bandes qui s'étaient formées en arrière de l'armée ; elles arrêtaient les convois , interceptaient les routes , tuaient les soldats isolés, compromettaient les communications de l'armée. C'était à Gênes qu'était le centre de tout ce mouvement; le ministre d'Autriche et une partie de l'aristocratie génoise s'employaient à enrôler des prisonniers autrichiens échappés pendant qu'on les conduisait en France, des déserteurs piémontais, des contrebandiers. Ils en formaient des compagnies franches et les envoyaient sur les routes dans le Montferrat et les fiefs autrichiens ; ce désordre avait pris la consistance d'une petite guerre. Le colonnel Lannes y fut envoyé avec douze cents hommes ; il brûla les maisons des rebelles , fit prisonniers les principaux qui furent fusillés. Une exécution pareille eut lieu aux environs de Tortone. Le village d'Arquata fut rasé, ainsi que le château du marquis Augustin Spinola , qui passait pour le principal auteur de cette rébellion ; quinze prisonniers furent fusillés comme chefs de bandes. Le général Bonaparte écrivit au doge de Gênes pour se plaindre de la conduite de son gouvernement, « qui ne prenait aucune mesure, accordait asile aux assassins et semblait leur sourire par son silence. » — « Je vous demande, disait-il , une explication catégorique. Pouvez-vous ou non purger votre territoire des assassins qui le remplissent? Si vous ne prenez pas des mesures, j'en prendrai; je ferai brûler