BATAILLE DE CASTIGLIONE
armées; elles étaient poursuivies et à chaque instant on leur faisait des centaines de prisonniers.
Une de ces colonnes errantes , informée par des paysans qu'il n'y avait à Lonato que douze cents Français, espéra se frayer par là un chemin vers le Mincio et rejoindre l'armée de Wurmser.
Un parlementaire se présenta à Lonato et somma les Français de se rendre : c'était au général en chef qu'était adressée cette injonction. Il ne se méprit pas un instant, assuré que ce ne pouvait être qu'une troupe égarée et cherchant un passage; il fit monter à cheval son nombreux état-major. On amena le parlementaire qui, lorsque ses yeux furent débandés, se trouva en face de tout Tappareil et le mouvement d'un grand quartier général.
— « Allez dire à votre général, lui dit le général Bonaparte, que je lui donne huit minutes pour poser les armes. Il est au milieu de l'armée française; passé ce temps-là, il n'a rien à espérer. »
Harassés, errants depuis trois jours, incertains, stupéfaits, ces quatre ou cinq mille hommes posèrent les armes. Voilà en quel état se trouvait l'armée autrichienne cinq jours après l'ouverture de cette campagne, commencée en proclamant que l'ItaHe serait encore une fois le tombeau des Français.
Toutefois, cette lutte, ce continuel combat n'était pas encore terminé. La journée du 8 août décida le sort des deux armées. Les Français étaient, malgré tant de fatigues, pleins d'ardeur et de courage; les Autrichiens n'étaient plus animés de confiance et d'espoir. La bataille de Gastiglione ne fut pas un instant douteuse. L'armée française feignit d'abord un mouvement de retraite, mais lorsque les Autrichiens se furent avancés,