PREMIÈRES HOSTILITÉS EN ALLEMAGNE
l'éloignement du général Bonaparte et de son armée avaient dû amener la guerre : la guerre dans des conditions mauvaises et inquiétantes. Mais l'opinion générale était à une épocjbe de résignation ; elle se taisait tristement; comme elle ne prévoyait pas quel événement pourrait amener la délivrance, elle n'était ni animée ni soutenue par aucun espoir prochain.
Le général Jourdan , après avoir assuré sa communication avec Tarmée d'Helvétie, arrêta son mouvement et parut disposé à prendre de fortes positions dans la contrée montagneuse de la forêt Noire. C'eût été une détermination prudente; elle lui était conseillée par les généraux qui connaissaient le pays et y avaient fait la guerre. Il eût ainsi attendu les renforts que le Directoire lui avait promis et qui tardaient beaucoup à arriver. Les conscrits n'avaient pas tous obéi et n étaient point partis aussitôt qu'on y avait compté; plusieurs provinces paraissaient menacées de mouvements insurrectionnels plus ou moins graves; le gouvernement, inquiet des prochaines élections, croyait nécessaire de conserver des forces considérables dans Tintérieur pour assurer son influence.
Le général Masséna avait passé le Rhin au-dessus du lac de Constance , était entré sans trouver beaucoup de résistance dans le pays des Grisons, avait occupé la ville de Coire après un combat^ où le général autrichien fut fait prisonnier avec trois mille hommes. Huit jours après, le général Lecourbe obtint encore un avantage assez important. L'aile droite de l'armée d'Helvétie s'étendait ainsi , en descendant la. rive