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plus tard , lorsqu'il était en pleine retraite. La jonction avec Tarmée d'Helvétie n'était plus possible; Jourdan se retira jusqu'aux positions qu'il occupait vingt jours auparavant dans les montagnes Noires. Son armée n'était pas assez nombreuse pour qu'il pût songer à une guerre offensive; il était tombé malade et remit le commandement à son chef d'é* tat- major, le général Ernouf, qui, adoptant plus complètement un système défensif , revint jusqu'au Rhin et se réunit au corps de réserve, qui devint son aile gauche. Le Directoire n'approuva pas le choix que Jourdan avait fait pour le remplacer et nomma Masséna général en chef des armées du Da* nube et d'Helvétie, mais seulement par intérim.
Le plan de campagne que le Directoire avait prescrit à ses généraux consistait à attaquer les Autrichiens sur tous les points à la fois, à s'avancer, par la Souabe et la Bavière, en même temps que par l'Italie vénitienne, tandis que l'armée d'Helvétie, placée dans le pays des Grisons, s'étendrait par sa gauche pour communiquer en Souabe avec l'armée du Danube, et, par sa droite , vers les passages des Alpes qui con- <luisent dans le Tyrol italien et la Valteline, afin de se trouver aussi en contact avec l'armée d'Italie.
Pour le succès d'un tel projet, il eût fallu avoir des armées plus nombreuses, une administration militaire moins désordonnée, des généraux plus confiants en eux-mêmes , plus indépendants du gouvernement, plus puissants sur l'esprit de leur armée. Tracer (l'avance dans les bureaux d'un ministère la marche des armées, et dicter leurs opérations, n'a presque jamais été un moyen de succès. Il y a tant d'imprévu dans les chances de la guerre, et surtout d'une guerre
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offensive» que les grands capitaines sont précisément ceux qui, à Tinstant où la circonstance Texige, changent, sans irrésolution, les combinaisons qu'ils avaient conçues, non-seulement lorsqu'il s'agit d'un détail d exécution ou même d'une bataille, mais d'un plan de campagne ou d'un but à atteindre* Si le général Bonaparte eût commandé les armées françaises, il n'eût pas consenti à faire la guerre dans de telles conditions ; avant d'entrer en campagne, il n'eût pas laissé les armées disséminées de Naples à Majence, sans qu'il fût possible de réunir promptement et à un moment donné toutes les forces pour obtenir un résultat grand et décisif.
Ainsi le plan du Directoire avait échoué au premier moment pour l'armée du Danube. Elle avait été contrainte à la retraite, parce qu'elle avait rencontré l'archiduc qui avait concentré ses forces. La communication avec Tarmée d'Helvétie était devenue impossible. Masséna n'avait pu forcer le passage de Feldkirch et faire sa jonction avec Jourdan sur les confins de la Souabe et de la Bavière, ainsi qu'on l'avait espéré; puisque l'armée du Danube rétrogradait, il lui avait fallu se replier aussi vers l'intérieur de la Suisse. Sa communication avec l'armée d'Italie avait encore moins réussi. Lecourbe, qui commandait la droite, après de brillants combats, était parvenu jusqu'aux passages des Alpes qui conduisent dans la Yalteline; mais, n'étant plus appuyé, il avait dû se retirer.
Les échecs qu'éprouvait l'armée d'Italie étaient plus funestes que la retraite de l'armée du Danube. Les
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troupes françaises^ y compris les Piémontais^ les Gisalr pins et les Liguriens, étaient évaluées à cent seize mille hommes, mais elles étaient cUspersées dans toute la Péninsule. Naples était au pouyoir de l'armée française depuis deux mois, et le général Cbampionnet en essayant d'y constituer une république n'y avait établi que le désordre : les provinces n'étaient point soumises; des insurrections éclataient de toutes parts; le brigandage le plus féroce d'une part , une répression sanglante et impitoyable de l'autre; tel était le spectacle que présentait ce royaume. Les États pontificaux étaient à peu près dans la même situation; les généraux, les agents du Directoire et les magistrats de la nouvelle république se partageaient et se disputaient une autorité arbitraire irrégulièrement exercée et odieuse auxpopillations. Il fallait laisser trente-quatre mille soldats, si on voulait maintenir la double conquête de Rome* et de Naples; le Piémont était mieux soumis et semblait plus facile à gouverner, mais six mille hommes au moins étaient nécessaires pour garder les places fortes. On venait de s'emparer de la Toscane et six mille hommes étaient employés pour l'occuper : de telle sorte que l'armée, destinée à combattre les -Autrichiens, n'était que de cinquante-six mille. '
Le Directoire s'était donné en Italie la position qu'avait toujours voulu éviter le général Bonaparte. Il portait en avant une armée dans l'Italie septentrionale, en laissant derrière elle la Péninsule entière en fermentation ou en révolte; il devenait donc impossible d'opposer aux Autrichiens une force suffisante.
L'armée autrichienne était forte de quatre •« vingt mille hommes , non compris dix mille en garnison dans les places vénitiennes ; elle attendait trente mille
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Russes conduits en Italie par Soavarov, qui devait prendre le commandement en chef des deux armées.
Pour ajouter une nouvelle faute à tant d'autres, le gouvernement directorial donnait le commandement de larmée d'Italie à Scherer qui inspirait peu de confiance à Tarmée et dont l'administration , à tort ou à raison y avait donné lieu à de fâcheuses préventions.
Comme les autres généraux » il avait reçu Tordre de prendre roSensive. Le général Dessoles entra dans la Yalteline , où il obtint un avantage marqué sur les Autrichiens; cette division était destinée à communiquer avec le général Lecourbe qui arrivait par les Grisons.
L'armée prit position entre Peschiera et Legnago.
Les Russes n'étaient pas encore arrivés , et l'armée autrichienne était commandée par le général Kray en l'absence de Mêlas ; elle avait la ligne de l'Adige et deux places fortes y Vérone et Legnago qui lui en assuraient le passage.
Scherer, pour obéir aux instructions du Directoire, sans prendre en considération son infériorité numérique et le désavantage de sa position , voulut passer l'Adige au-dessus de Vérone, près de Rivoli; il y réussit. Sur ce point, il se trouvait en force supérieure, car les Autrichiens s'étaient portés en plus grand nombre sur leur gauche du côté de Legnago. Les Français eurent un brillant succès\ Le combat fut disputé et meurtrier, mais ils prirent des drapeaux, des canons et trois mille prisonniers.
Le général Kray se concentra près de Vérone ; Scherer ne continua point son mouvement. Il chercha à