CHANGEMENT DE MINISTRES
et le Directoire actuel ; les efTorts et les déclamations étaient encore dirigés contre les anciens Direcleurs considérés comme les représentants d'une politique extérieure sans énergie et sans dignité , d'une politique intérieure timide et molle dans la répression du royalisme y d'une administration sans exactitude et sans probité.
Sans attaquer formellement le Directoire on dénonçait les ministres. M. de Talleyrand devint tellement odieux aux orateurs du Manège qu'il crut prudent de donner sa démission au grand regret de Barras comme de Siéyès. Lui-même désigna son successeur*. Ce fut M. Reinhardt, alors ministre de France en Suisse, qui n'avait jamais eu de rapports avec aucun parti , renfermé comme il l'était dans la sphère diplomatique où il avait la réputation d'homme savant et sage. Ainsi le ministère des relations extérieures continuait à suivre la même direction, ce dont on s'indignait hautement au Manège.
Le ministère des finances géré depuis trois ans par Ramel, fut confié à Robert Lindet, ancien membre du comité de salut public, traduit devant la haute cour de Vendôme comme complice de Babeuf. On ne pouvait faire un choix plus agréable aux Jacobins.
Le ministère de la justice était depuis le 18 fructidor occupé par M. Lambrechts. Il était Belge et avait acquis dans son pays la réputation de jurisconsulte et d'honnête homme; ses opinions étaient libérales et même républicaines , mais point révolutionnaires'. Il fut