‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 130 sur 174 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

S. SOjuillel.

462 CHANGEMEIIT DE MINISTRES.

remplacé par M. Cambacérès, qui depuis six ans avait conservé une position considérable dans les assemblées. Le ménagement habile qu'il avait toujours pratiqué avec les divers partis révolutionnaires , sans se compromettre pour aucun, l'avait grandi plus encore que son expérience et son savoir comme jurisconsulte. Les Jacobins espéraient que les poursuites contre les royalistes deviendraient plus actives et les condamnations plus assurées ; les politiques et le public ne craignaient rien d'excessif de la part du nouveau ministre de la justice.

Le changement du ministre de la police était un fait plus grave, non point parce que M. Bourguignon cessait de Tètre, car il était peu connu, sans importance et le parti anarchique ne se plaignait pas de lui, mais à cause du successeur qui le remplaçait \

Fouché, aussitôt après la fin de la Convention, s'était éloigné de la scène politique. Le Directoire l'avait chargé de l'importante mission de faire rejoindre le très-grand nombre de réquisitionnaires qui, dans les départements du midi, n'avaient pas obéi à la loi et s'étaient dispensés de rejoindre l'armée. Il s'acquitta de cette tâche, sans bruit, sans violence, sans faire parler de lui ; on ne savait pas à Paris ce qu'il était devenu. Il séjourna longtemps à Narbonne; ses relations, sa société habituelle étaient composées de Jacobins , même du plus bas étage ; mais il ne cherchait point à les exciter. Lorsqu'il eut rempli sa mission, il se lia avec des spéculateurs qui faisaient de profitables affaires dans la fourniture des armées et prit part à leurs bénéfices.

Page 1