FKRMBTURB DE LA SOCIÉTÉ DES JACOBINS
cavalerie fut placé devant Téglise Saint-Thomas; les papiers du comité furent saisis; les portes fermées sous le scellé. Celte exécution fut facile; la tranquillité de la yille ne fut pas troublée. L'opinion parisienne en fut à peine émue; on s'y attendait depuis quelques jours. Comme on voyait que les Jacobins et les anarchistes avaient peu d'influence sur le Directoire , ils avaient cessé d'être un sujet d'inquiétude.
Le parti révolutionnaire dont ils étaient les auxiliaires éprouva un nouvel échec. Depuis quelques jours le conseil des Cinq-Cents n'avait d'autre préoccupation que la mise en accusation des anciens Directeurs , impérieusement demandée par des adresses qu'envoyaient toutes les sociétés populaires des dépar^ tements; c'était aussi la volonté qu'avait exprimée chaque jour la réunion des Jacobins de Paris.
La discussion, qui dura plusieurs jours, se passait en comité secret; mais les journaux devenus libres en rendaient compte. Elle fut vive. Les révolutionnaires politiques, les amis des nouveaux Directeurs, auparavant amis de leurs prédécesseurs , les défendirent avec chaleur. Lucien Bonaparte qui occupait souvent la tribune , et qui plus qu'un autre avait contribué à leur chute , plaida leur cause. La conmiission avait proposé l'accusation ; comme elle portait sur la conduite du gouvernement directorial et non sur tel ou tel acte imputé individuellement aux quatre Directeurs expulsés. Barras s'y trouvait compris, bien que son nom ne fût pas prononcé. — Un des actes incriminés était : — « Pour avoir déporté dans les déserts de l'Arabie quarante mille hommes formant l'élite de nos armées , le général Bonaparte «t ayec lui
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la fleur de nos savants , de nos hommes de lettres et de nos artistes. »
Les conclusions de la commission furent rejetées , mais à une majorité de trois voix seulement.
Le Directoire n'avait pas cru prudent de se refuser aux poursuites, encore plus demandées par la voix publique que par les Jacobins , contre Rapinat, Scbauenbourg, Trouvé et presque tous les agents et les généraux qui avaient si rudement rançonné la Suisse et l'Italie. Cette procédure fut commencée et n'eut point de suite. La plupart des exactions qui avaient rendu l'invasion française si odieuse avaient été ordonnées par le Directoire ou rendues nécessaires par les besoins de Tarmée.
La tranquillité publique était assurée à Paris; les Jacobins eurent un moment la pensée de se réunir dans un autre local ; ils ne Tosèrent pas. Le général Marbot, qui était de leur société , ne pouvait rester commandant de la division de Paris, lorsqu'il s*agissait de les réprimer. Il demanda à servir dans Tarmée active et fut remplacé par le général Lefebvre.
Mais la situation du gouvernement n'était pas devenue meilleure. Si les opinions anarchistes avaient perdu leur organe le plus violent; si elles ne menaçaient plus d une journée d'émeute et de révolution , elles ne cessaient pas d'entraîner le conseil des Cinq- Cents où il n y avait de majorité possible pour le parti raisonnable y qu'en faisant quelques concessions aux Jacobins.
L'état général du pays était encore plus inquiétant. Le recrutement des conscrits était difiicile partout, impossible dans les départements de l'ouest ; l'emprunt