INSURRECTION DANS LÀ HAUTE -GARONNE
forcé était réparti lentement, excitait des réclamations et des murmures; à peine commençait-il à être acquitté.
Ce n'était pas seulement en Poitou, en Bretagne et en Normandie que la guerre se rallumait; une insurrection, qui s'annonçait comme plus grave encore , éclata dans la Haute-Garonne.
Le 6 août au matin , une foule de fugitifs arrivèrent à Toulouse annonçant que, dans les cantons de Muret, de Montguiscard et de Caraman, des rassemblements parcouraient la campagne , enlevaient les fonctionnaires publics et les patriotes. Des troupes furent aussitôt envoyées ; mais le nombre des insurgés croissait de moment en moment ; un des détachements fut cerné et mit bas les armes. La ville de Muret fut occupée par les rebelles. Toutes les communications avec les départements voisins étaient coupées. Les voitures publiques n'arrivaient plus. La force militaire n'était pas sufiisante. Les colonnes revinrent à Toulouse ; des piques furent distribuées à la garde nationale; on craignait que la ville fût attaquée.
Cette insurrection avait le caractère royaliste : elle arborait le drapeau blanc et marchait au cri de : a Vive Louis XVIII ! » On évaluait le nombre des rebelles à seize mille. Une colonne républicaine fut envoyée d'Albi et se réunit à celle qui sortit de Toulouse. Les insurgés ne soutinrent pas l'attaque. Bientôt arrivèrent des départements voisins des renforts considérables; ils'dissipèrent toute inquiétude sur l'issue prochaine de cette révolte; le 12 août, tout était rentré dans l'ordre et ceux des chefs qui n'avaient pas été pris passèrent en Espagne. Plusieurs avaient péri en combattant ; d'autres furent pris, jugés et condamnés. Presque tous étaient des émigrés rentrés.
Pendant que cette guerre civile était étoufifée à sa naissance , de tristes événements se passaient en Italie. Après la bataille de la Trebia, Souvarov, inquiet du mouvement de l'armée deMoreau, ne troubla point la retraite de Macdonald qui parvint sans difficulté à opérer sa réunion avec Tannée qui occupait Gênes et les passages de T Apennin.
Moreau ^'occupa à réorganiser son armée et Souvarov à presser les sièges de Mantoue, Tortone, Alexandrie. (( Mais les plus grands ennemis n'étaient pas les Russes ni les Autrichiens, ni les bandes de brigands piémontais. C'était la pénurie d'argent, de vivres, d'habillements, de chaussures, de charrois, d'artillerie et souvent de munitions. Jamais armée n'avait été aussi abandonnée du gouvernement et n'avait souffert plus de privations*. »
Pendant que Moreau jugeait nécessaire de faire une guerre défensive, de garder la forte position du littoral de la Méditerranée qui empêcherait l'armée ennemie de s'avancer par les Alpes ; pendant que cette tactique prudente lui donnait le temps de recruter son armée et de la mettre en meilleur état , le Directoire lui avait ôté le commandement pour le donner, par des motifs plus politiques que militaires , au général Joubert ; il arriva le 4 août au quartier général. Pendant les campagnes d'Italie, il avait eu souvent des succès à la tète de sa division ou même d'un corps d'armée détaché de l'armée du général Bonaparte , mais il était loin d'égaler en renommée le général Moreau et d'avoir au même degré la confiance des soldats et des généraux. Dès le lendemain de son arrivée, on s'aperçut qu'il