‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 140 sur 174 · G BATAILLE DE NOVI · texte numérisé non relu

G BATAILLE DE NOVI

avait bâte de donner à la guerre un caractère offensif et d'obtenir quelque grand résultat. Ce plan de campagne était d'autant moins sage que la reddition successive de la citadelle de Turin, d'Âlerandrie et plus tard celle même de Mantoue rendait disponible Tarmée entière de Souvarov. Ces capitulations avaient produit nne impression fâcheuse sur Tarmée ; elles avaient irrité encore plus qu'affligé le gouvernement, et le parti qui le dominait. Une loi avait été rendue pour prescrire aux commandants des places assiégées en quelles conditions ils pouvaient capituler. Le ministre de la guerre fit mettre en jugement le général Foissac-Latour, gouverneur de Mantoue.

Loin de voir dans ces funestes capitulations et dans l'augmentation des forces de l'ennemi un motif pour user de prudence et pour attendre qu'une occasion favorable se présentât d'accepter une bataille avec avantage, Joubert n'en fut que plus empressé de réparer par un coup d'éclat les échecs de l'armée française. Toutefois, il reconnut quelles étaient les forces de l'ennemi et il hésita pendant quelques jours , disant : — a II ne faut pas que je donne lieu à dire : C'est un jeune étourdi échappé du collège qui est venu se faire battre. »

Le 9 août, il assembla un conseil de guerre afin de décider les meilleures dispositions pour marcher à l'ennemi. Le général Moreau avait modestement consenti à ne se point éloigner et à rester sous les ordres de son successeur. L'armée était de quarante mille hommes ; il fallait en laisser une partie à la garde de plusieurs postes importants; de sorte qu'on ne pouvait présenter que trente mille hommes devant l'ennemi qui en avait soixante. Car le corps du général Kray,

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qui avait assiégé Mantoue, venait de rejoindre SouvaroY. Joubert prit le commandement direct de son aile gauche, qui devait se porter de Savone vers Âlexan* drie en laissant la Bormida à sa gauche; c'était dans la vaste plaine qui s'étend entre Tortone, Alexandrie et les pentes septentrionales de TÂpennin que la bataille devait se donner; Moreau resta à Taile droite que commandait Saint-Gyr.

Le 13, Taile gauche, après quatre jours.de marche, était arrivée à sa jonction avec la droite. Le 14, Novi fut occupé par Saint-Cyr. L'armée russe se montrait dans la plaine, mais pas encore les Autrichiens que commandait le général Kray. Joubert fut surpris d'avoir en face de lui une armée si puissante ; il s'était refusé à croire la reddition de Mantoue, annoncée par les gazettes de Livourne; en effet, elle était peu vraisemblable. Sa volonté de livrer bataille s'était fondée sur ce faui calcul. L'armée russe était appuyée de deux corps autrichiens. Kray à droite , Mêlas à gauche. Reconnaissant son erreur , Joubert hésita et consulta quelques généraux : Moreau, Pérignon, Saint-Gyr et les deux chefs d 'état-major, Dessoles et Suchet qui était venu pour le remplacer. Il fallait, ou se retirer derrière TApennin, ou accepter la bataille en se préparant à la défensive avec l'avantage d'être en position sur les dernières pentes des montagnes. Joubert paraissait renoncer avec peine au projet d'obtenir un grand et complet triomphe; mais il ne se décidait point *: lui-même s'affligeait et s'étonnait de ne pas montrer plus d'assurance et de résolution; lui qui, plus d'une fois, disait-il, avait donné d'utiles conseils au général Bonaparte dans des moments difficiles.

Le soir du 14, il annonça que le mouvement de re-

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