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Instres familles du canton, Mulinen, Erlach , Tscharner, Fischer, Bninner , Watevïlle , Diesbach , Manuel , furent emmenés à Strasbourg pour être enfermés dans la citadelle; leur fortune et celle de trois cents propriétaires berooîs devaient garantir le payement de toutes les contributions de guerre imposées à la Suisse. Cinq ma gistrats de Soleure furent aussi enlevés.
Outre les réquisitions en nature, Berne fut frappée d'une contribution de huit cent mille livres et Fribourg de trois cent mille. Plus tard , le commissaire imposa sur la Suisse entière une contribution de seize millions, encore imputable sur les biens des patriciens ; à ceux de Berne, Soleure et Fribourg étaient ajoutés ceux de Zurich et de Lucerne.
Au commencement de mai 1 798 , la Suisse entière était couverte de troupes françaises, nourries et entretenues par les habitants. Les généraux et les agents subalternes du commissaire y levaient, presque sans contrôle, des contributions. Les petits cantons avaient refusé d'accepter la constitution que l'assemblée d*Aarau avait présentée au vote populaire ; les insurrections se multipliaient sur tout le territoire. Cette constitution unitaire était néanmoins mise en activité, et le directoire helyétique à peine installé se trouvait dans l'impossibilité de consentir aux vexations et aux exactions des agents français. Â cette époque, Lecarlier fut appelé au ministère de la police et remplacé par le citoyen Rapinat, beau-frère de Rewbell , dont le nom est demeuré célèbre par sa conformité avec le caractère et la conduite de rhomme qui le portait. Les malheurs et le* désordre de la Suisse devaient encore s'aggraver, et Tannée française y éprouva de plus en plus une résistance qui devint un état de guerre.