‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 15 sur 174 · AMBASSADE DE JOSEPH BONAPARTE · texte numérisé non relu

AMBASSADE DE JOSEPH BONAPARTE

Il semble qu'une telle inyasion, un droit de conquête exercé avec tant de dureté sur un État qui n'avait manqué à aucun traité, qui se soumettait à toutes les exigences; que cette intervention tyrannique dans son gouvernement intérieur; que cette révolution opérée à force ouverte, auraient dû émouvoir l'Europe entière; que les souverains, par prudence et par honneur, ne pouvaient regarder de sang-froid l'abolition du droit des gens et des règles qui garantissent Tindépendance des nations. 11 en était tout autrement : TAutriche venait à peine de signer la paix; un congrès était assemblé à Rastadt; la Prusse était mécontente et inquiète de n'exercer aucune action sur les changements dont le corps germanique était menacé dans sa constitution et la répartition des territoires. Pas un effort ne fut tenté pour sauver la Suisse; les deux grandes puissances allemandes étaient alors préoccupées de leurs intérêts particuliers et croyaient peutêtre trouver dans le désordre où les victoires de la France avaient mis 1 Europe quelques chances d'agrandissement; ou plutôt, intimidées par les résultats funestes pour elles qu'avait eus la guerre, il leur suffisait de se préserver des coups d'un si terrible ennemi , et de préparer une coalition plus puissante que celle dont la France avait triomphé.

Ce n'était pas seulement la Suisse dont les souverains auraient dû s'occuper. 11 se passait en Italie des événements peut-être plus graves encore.

Dès le mois de mai 1797, pendant les négociations qui précédèrent la signature de la paix de Campo-Formio, le général Bonaparte avait voulu que son frère Joseph fût nommé ambassadeur de la République à Rome.

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