‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 142 sur 174 · Lois des 20 août, 47, 48 et 20 septembre · texte numérisé non relu

Lois des 20 août, 47, 48 et 20 septembre

484 SITUATION DU GOUYEBNEMEirr.

et chasserait des emplois publics les nombreux anar^ chistes qu'ils y avaient placés. Barras, malgré ces rapports avec eux et le penchant qu'il avait toujours pour leurs opinions, se trouvait ainsi amené à être habituellement d'accord avec Siéyès , qui disposait déjà de Roger Ducos. Fouché avait depuis longtemps des relations avec Barras , mais il était encore plus décidé que lui à ne point laisser tomber le gouvernement aux mains de leurs anciens amis, bien convaincu qu'on ne pouvait attendre d'eux que désordre et perdition.

Le droit de réunion venait d'être retiré à la faction qui en abusait; la liberté de la presse ne pouvait lui Hre laissée. — « Les journalistes jacobins , disait le ministre, sans crainte de répression', calomnient, outragent, dénoncent les vieux soldats de la Révolution, républicains exclusifs, apôtres privilégiés de la liberté, les fondateurs de la République; ils travaillent à sa destruction par l'anéantissement des pouvoirs qui la maintiennent et des lois qui la conservent. »

Mais comme il était impossible de frapper les anarchistes sans se faire pardonner cette rigueur par un redoublement de persécution contre les royalistes et les modérés, le ministre présentait les journalistes comme divisés en deux bandes , qui marchaient séparément vers un but commun, le renversement du gouvernement.

Le Directoire usa des pouvoirs que lui avait donnés la loi du 22 Tructidor. Elle avait décidé que les auteurs et collaborateurs des journaux qu'elle désignait seraient déportés; mais elle n'avait pas nommé ces collaborateurs. On avait laissé dans le vague cette

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