‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 143 sur 174 · SITUATION DU GOUVERNEMENT. A · texte numérisé non relu

SITUATION DU GOUVERNEMENT. A

meoace, et un petit nombre de journalistes avaient été poursuivis; les autres, sans avoir aucune garantie contre le sort qui les menaçait, vivaient plus ou moins cachés. Lorsque la liberté de la presse avait été rétablie, leur position précaire les avait contraints à en user avec sobriété et précaution. Seulement ils donnaient souvent la publicité à des faits et à des nouvelles que le Directoire aurait voulu cacher ou dénaturer. Ce fut moins pour ce grief que pour établir la balance entre les deux partis que la liste qui aurait dû être connue deux ans auparavant fut publiée officiellement ^

Quant aux journaux jacobins, ils furent frappés en vertu d'un article de la Constitution : — « Si le Directoire est informé qu'il se trame quelque conspiration contre la sûreté de l'État, il peut décerner des mandats d'amener et des mandats d'arrêt contre ceux qui en sont présumés les auteurs et complices. »

Le message où le Directoire annonçait les mesures qu'il avait prises contre les journalistes donna lieu à de vives et bruyantes discussions; Briot attaqua ouvertement Siéyès et Barras. — « Un coup d'État se prépare. On veut livrer la République à ses ennemis, la renfermer dans ses anciennes limites; peut-être les directeurs des calamités publiques ont-ils un traité de paix dans une poche et une constitution dans l'autre.... Si le Corps législatif est ainsi comprimé dans sa pensée, dans ses opinions, il faut que le peuple vienne à notre secours. Quand nous n'aurons' plus notre indépendance, il faut qu'il se lève et se sauve lui-même. i>

Il fut décidé que le Conseil s'occuperait sans délai des dispositions législatives nécessaires pour assurer et

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