‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 16 sur 174 · AMBAS&ADB DE JOSEPH BONAPARTE · texte numérisé non relu

AMBAS&ADB DE JOSEPH BONAPARTE

Le Directoire était revenu au désir qu'il avait déjà exprimé de révolutionner Tltalie méridionale, et surtout d'anéantir la puissance pontificale. Le général Bonaparte ne voulait pas compliquer les questions déjà si difficiles qu'il avait à traiter avec l'Autriche; il n'avait donc pas d'abord accueilli ces idées ; sans les repousser absolument > il indiquait que le temps n'était pas venu de leur donner suite , et prévoyait que dans un avenir, peut-être prochain, on pourrait s'en occuper. Pour le moment, il avait fait une révolution à Venise afin de l'avoir à sa disposition, et à Gènes, afin de soumettre complètement cette république à la domination de la France. Ce double exemple avait contribué à échauffer de plus en plus ]a fermentation révolutionnaire qui se répandait en Italie.

En même temps, le gouvernement pontifical était retombé dans cet état d'aveuglement qui avait déjà failli le perdre; les cardinaux, à qui le Pape laissait sa confiance, établissaient tous leurs rapports avec les cours de Vienne et de Naples, et espéraient trouver leurs garanties dans la protection de ces deux puissances ; l'imprudence fut poussée au point que le Pape demanda, pour commander ses troupes, le général Provera, qui avait commandé la colonne autrichienne venue au secours de Mantoue.

Le général Bonaparte écrivit de Passeriano* à son frère l'ambassadeur: — «Vous signifierez sur-le-champ à la cour de Rome, que si le général Provera n'est pas renvoyé tout de suite, la république française regardera cela comme un commencement d'hostilité. Faites sentir combien il est indécent, lorsque le sort de

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