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.tions avec la France , ne pouvant ni espérer des ren* forts j ni concevoir la possibilité de ramener son armée. Ce fut alors qu'il s'occupa à établir en Egypte une administration régulière, qui assurât le bon ordre et pût fournir aux besoins de larmée. Il porta dans Taccomplissement de cette tâche difficile cet esprit pratique, ce discernement de ce qui est possible, de ce qui convient aux populations, aux lieux et aux circonstances. Il installa un institut formé des savants qui Tavaient accompagné; il favorisa leurs travaux et leurs recherches; il créa des manufactures. Il s'occupa d'eacoura ger le commerce des caravanes et alla reconnaître Suez et le rivage de la mer Rouge. On pouvait supposer qu'il n'avait pas un autre dessein que de régner comme un souverain dont l'unique pensée eût été de répandre les bienfaits de la civilisation sur des sujets qui y étaient encore étrangers. Ses soins obtinrent un plein succès, dès qu'il eut sévèrement réprimé une insurrection dans la basse Egypte et une révolte terrible et sanglante qui éclata dans la ville du Caire le 23 octobre
Mais le général Bonaparte n'avait pas quitté la France ni entrepris cette grande expédition pour devenir l'admitiistrateur intelligent d'une colonie. Bien que la destruction de la flotte semblât le réduire à cette tâche qui pouvait être aussi glorieuse qu'utile , elle ne satisfaisait point l'activité de son âme et restait trop loin des rêves de son imagination.
Son projet n'était point, comme il avait affecté de le publier, de porter un coup funeste au commerce anglais, de rétablir la communication de l'Europe avec les Indes par la mer Rouge, ni même d'aller les déposséder de leur conquête sur les bords de l'Indus et du
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Gange. Peut-être y avait-il pensé , car il pensait à tout ce qui avait de la grandeur; mais un dessein qu'il considérait comme moins chimérique était arrêté dans son esprit : il voulait arriver à Constantinople , s'y établir, s'approprier les forces mal dirigées de l'empire ottoman, y former une puissante armée et prendre l'Europe à revers, pendant que la république française recommencerait la guerre dans l'Occident.
Lorsqu'il fut parvenu à l'apogée de sa gloire et de sa fortune, il se plaisait souvent à expliquer comment il avait pensé à y atteindre par une route aussi héroïque et plus aventureuse.
Pour l'exécution de ce plan, il eût été important de rester en relations pacifiques et en bonne intelligence avec la Porte ottomane, de se présenter comme son défenseur contre les puissances européennes, comme le restaurateur de son autorité, en Egypte où les mamlouks ne la reconnaissaient point, en Syrie où Dgezzar, pacha d'Acre, se rendait indépendant.
Ainsi l'armée française serait arrivée à Constantinople comme alliée; alors, soit par une révolution qui aurait renversé le gouvernement ottoman, soit en exerçant sous son nom un entier pouvoir à titre d'auxiliaire, le général Bonaparte aurait établi son autorité sur l'empire d'Orient.
Cette combinaison , si étonnante qu'elle puisse paraître, n'avait point semblé invraisemblable au général Bonaparte, ni même à M. de Talleyrand, plus porté qu'on ne le supposait généralement à être séduit par l'imagination et par la hardiesse de décision. Il devait quitter le ministère, se rendre à Constantinople comme ambassadeur de la république française et préparer les voies au chef de l'armée d'Orient; c'était