‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 154 sur 174 · EXPÉDITION DE STRIE · texte numérisé non relu

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un rendez vous donné et un point formellement arrêté entre eux.

On n'avait pas tenté de convenir d'avance avec la Porte de cette alliance, des conditions qu'elle comportait et des conséquences qu'on voulait en tirer. L'espérance qu'en apprenant l'invasion de l'Egypte par une armée française, le gouvernement ottoman accepterait le fait accompli , n'avait pourtant nulle probabilité. Les premières proclamations du général Bonaparte se rapportèrent à cette hypothèse. En écrivant, le 22 août 1798, à Dgezzar-pacha , il l'assura qu'en faisant la guerre aux mamlouks, il agissait pour l'intérêt des musulmans, et qu'il espérait être en très-bonne in« telligence avec lui.

Au mois de novembre, le général Bonaparte ne pouvait plus se faire illusion sur les dispositions de la Porte ottomane; déjà Ibrahim -bey chassé d'Egypte avait trouvé accueil et encouragement chez Dgezzarpacha; une armée se joignit aux mamlouks et s'avança dans le désert qui sépare la Syrie de l'Egypte en s'a])puyànt sur la forteresse d'El-Arischch.

Ainsi la guerre était commencée et l'on devait s'attendre à voir une armée ottomane suivre de près cette avant-garde.

A part même ses immenses projets, le général Bonaparte était amené par cette agression à entreprendre une expédition en Syrie, car il n'était jamais dans son caractère de se défendre autrement qu'en attaquant.

Cette campagne fut plus pénible qu'il ne l'avait prévu. Il était le 18 février devant El-Arischch. La garnison fut bientôt contrainte à capituler. L'armée française eut beaucoup à souCTrir en traversant un désert

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de soixante lieues. Le 7 mars, Jaffa avait été prise d*assaut, la garnison passée au fil de Tépée non point en combattant 9 mais par une cruelle exécution.

C'était une conquête importante; elle donnait une place d armes où pouvaient être établis les hôpitaux et les magasins; mais on y trouva la peste qui fit mourir sept cents sôldatë.

Dix jours après, l'armée était devant Saint -Jean d*Acre. Le général Bonaparte avait prévu qu'une artillerie de siège lui serait nécessaire; elle devait arriver par mer; les bâtiments qui la portaient tombèrent au pouvoir des Anglais. La place était mieux fortifiée qu'on ne le pensait; on n'avait pas une connaissance exacte des ouvrages qui la défendaient. Le 18 mars, la trancbée fat ouverte. Le 28, un premier assaut fut donné ; il ^ut très-meurtrier, et malgré le courage et Félan des soldats ils furent repoussés.

Les Anglais avaient envoyé des troupes de marine qui apportaient à la garnison le secours de soldats réguliers et d'officiers expérimentés et intelligents. — Djezzar avait soulevé toutes les populations de la Palestine; elles se rassemblaient et bientôt elles auraient entouré l'armée de siège. Il fallut leur opposer le général Kleber et sa division. Il dispersa cette multitude, mais elle se réunissait de nouveau. Le général en chef , sans lever le siège, se rendit avec trois divisions et toute sa cavalerie sur les bords du Jourdain. La victoire du mont Thabor fut si complète qu'elle mit fin à l'insurrection.

Le siège reprit une nouvelle activité sans plus de succès. L'armée fit des pertes cruelles dans ces attaques répétées. Le général Cafarelli fut tué. Chaque III. 33

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