BATAILLE D*ABOUKIR
Le 28 juillet , les Turcs furent attaqués et entièrement défaits par Tannée française. Mustapha-pacha fut fait prisonnier; des milliers de Turcs foudroyée de tous côtés par Tartillerie se jetèrent dans la mer afin de regagner la flottille, et furent noyés pour la plupart. Après une seconde bataille, le fort d'Aboukir fut repris, et il ne resta plus un seul Turc sur le rivage de l'Egypte.
Un aide de camp du général en chef, M. Eugène Merlin, avait été envoyé auprès du général Menou, au moment où la garnison du fort d'Aboukir demandait à capituler. Un secrétaire de sir Sydney Smith était venu traiter d'un échange de prisonniers. — (c M, le Commodore a pensé , dit-il, que vous pourriez être curieux des nouvelles d'Europe, et il m'a chargé de vous remettre les gazettes qui lui sont arrivées. »
Elles annonçaient les défaites du général Scherer^ la retraite de l'armée française jusqu'à là Bormida, et aussi la mauvaise fortune de l'armée du Danube forcée de repasser le Rhin.
Le capitaine Merlin se hâta d'apporter ces tristes informations au général Bonaparte qui était à Alexan^ drie. Il le réveilla au milieu de la nuit, lui donna les journaux et fut témoin de son indignation et de sa colère. Dès le matin, il fit appeler l'amiral Gantheaume et passa deux heures avec lui. Le lendemain, 4 août, il partit pour le Caire. Sans faire connaître les nouvelles qu'il avait reçues, il prit toutes les dispositions qui pouvaient faire soupçonner un projet de départ; mais il le niait et annonçait seulement qu'il allait faire une tournée de quelques jours dans la province de Damiette