‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 157 sur 174 · IG LE GÉNÉRAL BONAPARTE REVIENT EN FRANCE · texte numérisé non relu

IG LE GÉNÉRAL BONAPARTE REVIENT EN FRANCE

Il revint par un détour à Alexandrie, et sans entrer dans la ville, il monta, dans la nuit du 24 au 25 août, sur la frégate le Muiron. Il avait craint que le mécontentement des généraux , des officiers , de l'armée entière n'éclatât en sédition et ne s'opposât à son départ. Il ne vit même pas le général Kleber, à qui il déréra le commandement, en lui envoyant des instructions écrites.

Il emmenait avec lui Berthier, Murât, Lannes, Marmont, Duroc, Beauharnais, Lavalletie, Merlin et son secrétaire Bourienne. — Monge, BerthoUet, Denon, Costaz furent aussi admis à revenir en France. L'amiral Gantheaume dirigeait cette navigation , que la surveillance active des croisières anglaises rendait périlleuse. Le Muiron était de conserve avec une autre frégate, la Carrere : c'étaient deux bâtiments vénitiens , mauvais voiliers et de médiocre construction. Le 24 août elles mirent à la voile.

Pour se donner la chance d'éviter les croiseurs anglais, le convoi suivit la côte d'Afrique; comme les vents étaient contraires et qu'on ne pouvait sans risque changer de direction , la traversée se prolongeait ; le vent changea le 17 septembre; les deux frégates passèrent à l'ouest de la Sardaigne ; le 28 septembre , elles étaient en vue d'Ajaccio.

Le général ne connaissait les nouvelles de France que jusqu'au mois de mai. En quatre mois, beaucoup d'événements avaient pu se passer. De la façon dont la guerre avait commencé en Italie, il se pouvait que la côte de Provence fût au pouvoir des Autrichiens : on avait même des doutes sur la Corse. Un bâtiment sorti du port , afin de reconnaître le convoi , donna toute sécurit4, et apprenant que le général Bonaparte était

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