‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 158 sur 174 · LE GÉNÉRAL BONAPARTE REVIENT EN FRANCE · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL BONAPARTE REVIENT EN FRANCE

à bord , rentra aussitôt pour annoncer cette nouvelle. La population se porta sur le quai ou se jeta dans les embarcations. Le cri : « Vive Bonaparte ! » retentissait; on tirait le canon; la municipalité yint en corps, et lorsqu'il fut question des règles de la quarantaine , elle se bâta de céder aux acclamations populaires. — M 11 vient nous sauver, criait - on , pas de quarantaine! »

Le vent était devenu contraire ; il fallut passer neuf jours à Ajaccio. Ce fut là que le général Bonaparte apprit en quel état il retrouvait la France. Enfin , le 6 octobre, les frégates se mirent en route vers Toulon. Elles n'étaient plus qu'à dix lieues de la côte, lorsqu'on aperçut du baut des mâts Tescadre anglaise. Il y eut un instant de trouble. On parla de retourner en Corse , mais le général s'y refusa. Bientôt l'inquiétude cessa. C'était l'beure où le soleil se coucbait; ses derniers rayons éclairaient les voiles anglaises; elles étaient à l'ouest des frégates qui ne pouvaient être aperçues des Anglais, parce qu'elles étaient déjà dans la nuit. Il convenait toutefois de ne plus se diriger sur Toulon. Le 9 octobre au matin, le convoi entra dans la baie de San Raphao, à une demi-lieue de Fréjus.

Jj&s choses se passèrent comme à Ajaccio; la municipalité viola elle-même la quarantaine et voulut monter sur la frégate, disant que le général Bonaparte arrivait pour sauver la Provence que menaçait une armée autrichienne. La population l'accueillit avec des transports de joie. Quelques heures après il était sur la route de Paris.

Sa marche à travers la France est demeurée un des plus vifs souvenirs de la génération qui assistait à ce

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