‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 17 sur 174 · septembre · texte numérisé non relu

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l2 AMBASSADE DE JOSEPH BONAPARTE.

Rome a dépendu de nous , lorsqu'elle n'a dû son existence qu'à notre garantie, de voir le Pape renouer des intrigues désagréables à la république française. Dit«s dans Yos conversations , et s'il le faut dans une note , que la République a été généreuse à Tolentino et qu'elle ne le sera plus si les circonstances recommencent. Vous direz : — « La République était sur le point de vous « restituer A ncône; vous gâtez toutes vos affaires, vous « en serez responsable ; vos provinces se révolteront, « vous demanderez le secours des Français , ils ne « vous répondront pas. » — Exigez.que le général Provera soit hors de Rome dans les vingt-quatre heures ; dites publiquement qu'il a été deux fois mon prisonnier et qu'il ne tardera pas à l'être une troisième : refusez de le recevoir. — Développez un grand caractère. Ce n*est qu'avec la plus grande fermeté , avec la plus forte expression dans vos paroles que vous vous ferez respecter de ces gens-là : timides dès qu'on leur montre les dents, ils sont fiers lorsqu'on a trop de ménagements pour eux. Je connais la cour de Rome : cela seul , si c'est bien joué, la perdra.

« Si le Pape vient à mourir, vous devez faire tout ce qui vous est possible pour qu'on n'en nomme pas un autre et qu'il y ait une révolution. Le roi de Naples ne fera aucun mouvement : s'il en faisait, à l'instant où les troupes napolitaines franchiraient la frontière, vous déclareriez que le peuple romain est sous la protection de la république française. Ensuite, vous vous rendriez auprès du général napolitain et vous lui diriez que la république française ne voit pas d'inconvénient à entrer en négociation avec la cour de Naples sur les différentes demandes qu'elle a faites , mais qu'il ne faut pas qu'elle prenne les armes.

AMltASSADE DE JOSEPH BONAPARTE. iô

u Enfin TOUS emploieriez, en ce double sens, beaucoup de fierté extérieure pour que le roi de Naples n^ntre pas à Rome, et beaucoup de souplesse pour lui faire comprendre que c'est son intérêt.

« Si le roi de Naples , malgré tout ce que vous pourriez faire, entrait dans Rome, ce que je ne saurais penser, vous y resteriez , en affectant de ne reconnaître en aucune manière Tautorité qu'il y exercerait; vous protégeriez le peuple de Rome et feriez publiquement l'office de son avocat, mais d'un avocat tel qu'il convient à un représentant de la première nation du monde.

a Vous pensez bien que dans ce cas, je prendrai vite les mesures nécessaires pour vous mettre à même de soutenir la déclaration que vous auriez faite de vous opposer à l'invasion du roi de Naples.

« Si le Pape est mort et qu'il n'y ait aucun mouvement à Rome, de sorte qu'il n'y ait pas moyen d'empêcher qu'un pape soit nommé, ne souffrez pas que le cardinal Âlbani soit élu. Vous devez employer, nonseulement l'exclusion , mais encore les menaces sur Tesprit des cardinaux, en déclarant qu'à Tinstant même je marcherai sur Rome , ne nous opposant pas à ce qu'il soit pape, mais ne voulant pas que celui qui a assassiné Basseville soit prince souverain. »•

Le Pape avait été malade à toute extrémité; il ne mourut point et sa santé se rétablit. Le général Provera n'était pas à Rome; le gouvernement pontifical l'avait en effet appelé pour commander les troupes; mais il n^était pas encore arrivé. Pour le moment, l'ambassadeur avait donc à s'occuper d'un seul article des instructions qui lui étaient données. Il signifia au cardinal secrétaire d'État, que le gouvernement français

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