LE GÉNÉRAL BOSAPARTE ARRIVE A PARIS
Sa première visite fîit chez le président du Directoire ; il s'y présenta le soir même accompagné de IMonge. — « Les nouvelles qui me sont parvenues en Egypte étaient, dit-il, tellement alarmantes que je n'ai point balancé à quitter mon armée pour venir partager vos périls. »
— « Général , répondit Gohier, ils étaient grands , mais nous en sommes glorieusement sortis. Vous arrivez pour célébrer les triomphes de vos compagnons d'armes. » — Cet accueil indiquait déjà de quel œil le Directoire voyait son arrivée.
Le lendemain il se rendit à l'audience officielle du Directoire : ce qui avait été dit la veille fut de part ot d'autre répété en langage plus solennel. — « Le Directoire connaît vos sentiments républicains et se souvient trop de vos anciens services , pour ne pas s'empresser d'associer vos talents à l'entier accomplissement de ses projets. » — Telle fut la conclusion de la réponse de Gohier.
Le général Bonaparte commença par prendre la même attitude, par se montrer sous la même apparence que lorsque deux ans auparavant il était revenu de Bastadt. Mais la situation n'était pas semblable. Tout annonçait qu'indispensablement il était appelé à consommer une révolution que seul il pouvait accomplir et gouverner.
L'opinion populaire ne se prononçait pas avec moins de vivacité que dans les villes qu'il avait traversées. — ' a Rien, disait un journal' qui appartenait à Topinion modérée, n'égale la joie que répand le retour de Bonaparte. C'est, avec nos dernières