‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 163 sur 174 · CONSULAT PROVISOIRE · texte numérisé non relu

CONSULAT PROVISOIRE

de ce genre; elle n'était point animée de cet esprit de vengeance manifesté après le régime de la Terreur. Les vœux qu'elle formait le plus Tivement ne tardèrent pas être satisfaits. — La loi des otages fut abolie, et le général Bonaparte alla lui-même faire ouvrir les portes de la prison du Temple aux détenus qui y étaient enfermés; — l'emprunt forcé fut converti en une addition à la contribution directe ; — le semestre des rentes fut payé avec des bons sur l'impôt de l'année courante, ce qui les rendait facilement réalisables.

Les naufragés de Calais, retenus depuis quatre ans en prison par le Directoire» en violation des arrêts de la justice et au mépris du droit des gens et de Thu* manité, furent rendus à la liberté par un arrêté des Consuls^ mais non pas encore rayés de la liste des émigrés ; ils durent sortir de France.

Rappeler les déportés de fructidor était plus difficile. C^étaient Siéyès et ses amis, membres de la commission des Cinq- Cents, qui les avaient envoyés à la Guyane ou contraints à s'exiler; mais leur proscription ne pouvait subsister, lorsque le 1 8 fructidor était une des accusations que le général Bonaparte avait portées contre le gouvernement qu'il renversait. Une des dernières délibérations des commissions autorisa les Consuls à faire revenir, les déportés; en laissant toutefois peser sur eux une surveillance, qui devait se changer bientôt après en une promotion aux emplois publics les plus importants.

Les commissions avaient donc journellement à délibérer sur les lois qu'exigeait la circonstance et sur les lois nécessaires pour les finances et l'administration. Mais les affaires s'expédiaient facilement dans une assemblée peu nombreuse où aucune opposition ne re-

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