‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 164 sur 174 · CONSTITUTION DE L AN VIIK · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE L AN VIIK

tardait les délibérations. Ainsi l'œuvre importante de la constitution pouvait être leur occupation principale.

Le Général avait jusqu'alors évité de s'expliquer sur ce sujet; il disait d'abord, comme tous^ que la constitution de l'an m devait subir de graves amendements et que l'expérience avait démontré ses imperfections; il ajoutait que le citoyen Siéyès avait profondément médité sur l'organisation du gouvernement; qu'il avait de grandes lumières et de vastes idées politiques; qu'il avait conçu un projet de constitution et qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de l'adopter.

A Siéyès et à ses confidents, ce langage ne paraissait point sérieux; il y voyait une sorte d'ironie et savait d'avance que sa constitution ne conviendrait pas au maître dont il portait déjà le joug et dont il avait consenti à devenir l'instrument; tandis que pour faire prévaloir ses doctrines et ses inventions constitutionnelles , il avait souhaité avoir sous sa main un chef militaire qui lui remît docilement le pouvoir après l'avoir conquis.

Siéyès se prêta donc mal volontiers à expliquer son système et à lui donner une forme positive par une rédaction en articles. D'ailleurs, il ne faisait point partie des commissions législatives. En ce moment, le plus dévoué de ses disciples était M. Chazal; ce fut lui qu'il chargea de présenter son projet de constitution. Il devait être d'abord discuté et préparé dans une commission composée de représentants choisis par les deux commissions législatives : — Lucien Bonaparte, Daunouy Boulay, Chazal, Chénier, Chabot (de l'Allier) et Cabanis, étaient délégués par les Cinq-Cents. Le-

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