‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 34 sur 174 · VEXATIONS EXERCÉES PAR LES AGENTS SUBALTERNES · texte numérisé non relu

VEXATIONS EXERCÉES PAR LES AGENTS SUBALTERNES

des esprits. Ainsi la révolution de Rome , l'expulsion du Pape , la persécution de nouveau exercée contre les prêtres, contribuaient au mécontentement général qui, sans bruit et sans manifestation , croissait de jour en jour.

Un autre acte de tyrannie, délibéré dès le lendemain du 18 fructidor, portait la désolation dans une multitude de familles : les décrets du 1 9 fructidor ordonnaient, sous peine de mort, aux émigrés rentrés de sortir du territoire. Aux termes de la loi, un Français inscrit sur la liste des émigrés sans être jamais sorti de France, et qui, nonobstant ses réclamations , n'avait pas encore obtenu sa radiation, était un émigré rentré. Il lui fallait donc s'expatrier; légalement ses biens étaient confisqués; s'il avait encore ses parents, une part de leur propriété était saisie , comme devant lui revenir par héritage. Outre les chagrins de l'exil et la dispersion des familles , une pareille loi portait la perturbation dans les relations d'intérêt, dans les affaires conclues ou entamées entre particuliers. A la vérité, on pouvait obtenir une mise en surveillance et un permis provisoire; par ce moyen, on n'était pas contraint à émigrer; mais cette faveur devait être sollicitée d'un pouvoir arbitraire. Une inimitié personnelle, une exagération d'opinion dictait le refus du Jacobin que le Directoire avait choisi pour son agent local ; un commis vénal vendait cette surveillance. Le despotisme subalterne exercé par la délégation du despotisme de gouvernement est plus excessif, plus irritant que les volontés de l'autorité suprême. Les vexations de la police municipale atteignaient non-seulement les émigrés présumés et les royalistes suspects; mais la répartition

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