CONGRÈS DE RASTADT
était donné suite à cette proposition ; des voix s'éle- Tarent dans le congrès contre le langage impératif des ministres français. La Prusse encourageait souterrainement cette résistance : le moment devenait critique.
Le général Bonaparte était encore à Paris et ne s'occupait point de la négociation de Rastadt. D'autres projets s'étaient emparés de son esprit. S'il eût tourné ses vues de ce côté, il fût allé à Rastadt et sa volonté aurait tranché toutes les questions ; il se borna à écrire une lettre confidentielle au comte de Cobenzel. Il lui disait qu'il fallait linir cette comédie de Rastadt , ne plus irriter le Directoire par d'inutiles tergiversations; que si la rive gauche n'était pas cédée, la guerre reconunencerait infailliblement, et que l'Allemagne serait envahie. Il conseillait de consentir à ce qui avait été déjà convenu 9 sauf ensuite à s'entendre sur les restrictions qu'on reconnaîtrait nécessaires. Cette lettre fat écrite à la fin de février 1798.
La députation de l'empire, ainsi abandonnée par TAutriche, céda sur tous les points.
Les plénipotentiaires français commencèrent alors à s'occuper des indemnités. Pour la première fois, le mot de sécularisation fut prononcé officiellement; jusqu'alors ce projet n'avait pas été mis en doute, mais jamais proposé.
Le général Bonaparte , à qui ce résultat était dû , écrivit aussitôt après le 4 mars au ministre des rela* tiens extérieures, que son intervention étant désormais superflue, il ne prendrait plus aucune part aux négociations 9 et qu'il allait faire revenir de Rastadt une partie de sa maison qu'il y avait laissée. Son aide de camp Lavalette, qui le tenait au courant de ce qui