CONGRÈS DE RÂ8TADT
se disait dans le congrès et la société diplomatique j vint le rejoindre à Paris.
Treilhard et Bonnier, livrés à leur propre force, pensèrent qu'ils pourraient aussi trancher les difficultés et hâter la solution de la grande affaire des sécularisations et des indemnités. Ils commencèrent par signifier que si, au 15 avril, on n*était pas convenu des points principaux, les armées françaises s'avance* raient en Allemagne. Ce n'était pas seulement sur TefTet de leurs menaces qu'ils comptaient; les princes allemands étaient inquiets pour leurs petits territoires; ils craignaient qu'après avoir sécularisé les États ecclésiastiques y on n'en vînt à médiatiser leur étroite souveraineté, c'est-à-dire à la supprimer; de sorte qu'au lieu d'être des membres immédiats de l'empire germanique, ils deviendraient sujets d'un des princes régnants; dans cette inquiétude, ils pensaient avec raison que la France exercerait une action prépondérante; aussi faisaient-ils une cour assidue aux plénipotentiaires du Directoire, et se montraient si obséquieux, qu'ils leur donnaient une idée très-exagérée de leur influence sur le congrès.
Mais rien ne pouvait être décidé sur cette question où était impliqué le sort de l'empire germanique , si l'Autriche et la Prusse n'étaient point d'accord. Or il n'en était pas ainsi; une méfiance malveillante divisait les deux grandes puissances allemandes. La Prusse avait abandonné la coalition en signant une paix séparée ; depuis deux ans elle observait une neutralité timide, et en toutes circonstances elle s'était montrée déférente pour la France; l'Autriche, en traitant à Campo-Formio, avait fait d'importantes concessions, mais évidemment elle n'avait pas été unique-