‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 49 sur 174 · CONGRÈS DE RASTADT · texte numérisé non relu

CONGRÈS DE RASTADT

ment déterminée par les défaites de ses armées; des promesses ayaient été faites; des espérances avaient été données. 11 y avait eu entre les négociateurs de Campo-Formio des conventions secrètes plus ou moins vagues, mais dont la Prusse pouvait s'inquiéter.

Une autre circonstance vint compliquer cette situation ; la maison de Bavière possédait deux souverainetés et deux électorals , le duché de Bavière et le Palatinat.

La branche ducale s'était éteinte en 1 777 ; après une guerre commencée entre la Prusse et l'Autriche, le traité de Teschen, conclu par la médiation de la France et de laRussie, avait appelé à Théritage du duché Télecteur palatin , chef de la branche cadette , qui avait réuni ainsi les deux électorals et les territoires du duché et du Palatinat. Le nouveau duc de Bavière était sans enfant, et son héritier, dont les droits étaient reconnus par le même traité, devait être le prince Maxi* milieu, duc de Deux-Ponts, chef d'une autre branche collatérale de la maison de Bavière. Charles Théodore, duc régnant, venait d'appeler près de lui son successeur présumé, et par avancement d'hoirie, il lui avait cédé les États palatins. Depuis longtemps, l'Autriche désirait s'agrandir aux dépens de la Bavière; la guerre de 1 778 avait même eu pour motifs les prétentions de l'empereur Joseph, qu'il avait voulu soutenir à main armée. Le duc de Deux-Ponts, qui était alors colonel au service de France, avait dû la conservation de ses droits à la protection de Frédéric II et de Louis XYL De là résultait un obstacle au règlement des indemnités que l'Autriche avait à réclamer et qu'elle aurait voulu prendre sur le territoire bavarois.

208 l'empereur PAUL se déclare contre la FRANCE.

Ainsi , même après que le principe des sécularisations avait été adopté \ la mésintelligence de la Prusse et de rAutriche retardait le règlement des indemnités. Les plénipotentiaires du Directoire refusaient d'évacuer la rive droite du Rhin encore occupée par Farmée française. Ils demandèrent* même, toujours avec exigence et menace , la libre navigation du Rhin et toutes les tètes de pont sur la rive droite, depuis Huningue jusqu'à Mayence ; c'était s*assurer le passage du fleuve sur la plus grande partie de son cours.

Le congrès ne se trouva point compétent pour faire de si importantes concessions; il en référa à la diète germanique ; elle refusa d'y consentir.

Cependant ce congrès qui semblait se prolonger sans que le terme pût être prévu, les alarmes et le mécontentement de toute l'Allemagne, les procédés menaçants du gouvernement français, donnaient au ministère anglais l'espoir d'une coalition nouvelle contre la France. Quelle que fût la destination de l'immense armement dont s'occupait le général Bonaparte, on devait supposer qu'il en résulterait un amoindrissement des forces militaires que les coalisés auraient à combattre. Les agents anglais étaient actifs pour former une ligue de tout le continent contre la France ; ils promettaient des subsides et une puissante coopération.

Un autre ennemi redoutable se préparait à paraître sur le théâtre de la guerre. L'impératrice Catherine avait constamment témoigné son inimitié contre la France révolutionnaire : elle avait accueilli, avec bien-

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