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veillance et encouragement, le comte d'Artois et un irrand nombre d'émigrés français ; on avait pu croire (|u'elle enverrait une armée comme auxiliaire de la coalition. Elle était morte sans avoir signé le projet de traité, où elle se serait engagée à prendre enfin une jKirl active à la guerre. Son fils Paul 1" avait laissé passer plus d'une année, sans s'occuper de la politique lies puissances occidentales; mais après les préliminaires de Léoben, il s'était fait ouvertement le protecteur d'une cause pour laquelle la Prusse et l'Autriche n'avaient jamais combattu que dans leur propre intérêt. L'armée de Condé cessait de faire partie des troupes autrichiennes ; Paul I" la prit à son service et traita avec une haute distinction le prince qui la commandait. IjC duc de Brunswick qui , autant et plus que le gouvernement prussien , était en ménagement avec la république française, cessait d'accorder à Louis XVIII un asile dans ses États. Forcé de quitter Blankembourg, le roi fut engagé par l'empereur de Russie à accepter pour résidence le palais des ducs de Courlaode à Mittau, un revenu de deux miUions lui fut assigné.
Le Directoire, parmi les mesures qu'il prenait contre les neutres, avait déclaré <c que si on laissait passer par le Sund un bâtiment chargé de marchandises anglaises, (le quelque nation qu'il fût, cela serait regardé comme une déclaration formelle contre la république frant;aise. »
L'empereur de Russie répondit à l'arrêté du Directoire par une proclamation, où il annonçait que sa niarine militaire « protégerait le commerce contre l'oppression du Directoire, dont les procédés étaient attentatoires à tous les droits reconnus par les nations. »
Ces témoignages d'une hostilité menaçante, avaient
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précédé la sédition de Vienne, qui rendit nécessaîr le départ de Tambassadeur de France ; en méiii temps, les diflicultés qui entravaient les négociation de Rastadty excitaient de plus en plus Fopinion aile mande contre la France. Le comte Razumowski , am bassadeur de Russie à Vienne , fut chargé de remettii une note où étaient énumérés tous les griefs des puissances allemandes contre le Directoire. — « Toui n'est-il pas déjà changé depuis Tinconcevable transaction de Campo-Formio ? Signataire du traité, Bonaparte lui-même n'avait ni le pouvoir ni riutention d'en être le garant. » — La note rappelait aussi les État:? romains envahis et bouleversés ; la Suisse subjuguée et dépouillée; le roi de Naples menacé; le roi de Sardaigne captif dans sa capitale. — « Le cabinet de S. M. Impériale doit être convaincu qu'il est impossible de vivre en harmonie et en paix avec un gouvernement révolutionnaire , dont la politique n'a d'autre élément que de diviser pour conquérir, d'autre but que d'arriver à la domination universelle par le bouleversement universel. »
Animé du désir de rétablir l'équilibre de TEurope, d'ailleurs garant de l'intégrité de l'empire germanique, l'empereur de Russie s'empressait d'offrir à l'empereur son intervention désintéressée, et s'il était besoin, l'appui de ses forces de terre et de mer.
Le baron de Thugut, sans répondre formellement à de si importantes propositions, fit comprendre qu'on ne pouvait songer à une coalition européenne, tant que la Prusse persisterait dans son système de neutralité. Au moment où cette note était remise à Vienne, le congrès de Rastadt continuait ses stériles conférences. Treilhard venait d'être nommé directeur, et
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pour le remplacer au congrès, le Directoire avait choisi Jean Debry ; puis il y envoya un troisième plénipotentiaire, Roberjot, ancien conventionnel. Ainsi que ses collègues, il avait occupé plusieurs postes diplomatiques et avait acquis plus d*habitude des alTaires et des formes plus convenables, que ses collègues.
Mais un personnage d*une tout autre importance venait d'accepter une mission qui, à ce moment, paraissait exiger plus qu'aucune autre l'influence que peut donner une réputation de capacité et d'esprit. Siéyès allait se rendre à Berlin , comme ministre plénipotentiaire. Le Directoire et M. de Talleyrand voyaient combien l'état de l'Europe devenait grave; VAutriche. était mécontente; si, dans les conseils de l'empereur, M. de Gobenzel et le parti de la paix cherchaient encore à la maintenir, une opinion publique à la fois aristocratique et populaire s'irritait et demandait la guerre ; l'Allemagne presque entière s*associait à ce sentiment national.
L'empereur de Russie et le gouvernement anglais s'efforçaient d'entraîner le roi de Prusse ; s'il se réconciliait avec r Autriche, la France aurait à combattre toute l'Europe à la fois. Siéyès parut l'homme le plus capable de juger des dispositions véritables du gouvernement prussien , et de l'amener à contracter une alliance avec la France ou du moins à se tenir dans la neutralité. Il passait pour avoir beaucoup étudié le droit public. Il avait, pendant qu'il était au comité de salut public, coopéré au traité de Basie; c'était lui qui avait donné une constitution à la Hollande ; sa renommée de philosophe devait , disait-on, lui donner une sorte de popularité en Allemagne. On s'imaginait qu'il avait dans la pensée un
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plan pour une nouvelle constitution du corps germanique ', et une division systématique du territoire aile* mand. Sa conversation doctorale communiquait à un entourage intime, et par là au vulgaire, la haute opinion qu'il avait de lui-même.
Le roi de Prusse éprouva d'abord quelque surprise qu'on eût si peu de ménagement pour lui, et qu^on lui envoyât, comme représentant de la France, un régicide. Cette objection ne pouvait pas être présentée aux membres du Directoire. Le ministre des relations extérieures fit comprendre que le gouvernement français ne prendrait pas une telle répugnance en considération. Le citoyen Siéyès n'eut point le caractère d'un ambassadeur, et fut seulement ministre plénipotentiaire : c'était d'ailleurs Tusage de la cour de Prusse ; elle n'envoie et ne reçoit pas d ambassadeurs.
En ce moment, chaque jour rendait plus difficile la tâche de maintenir la paix. L'armée française continuait à conquérir successivement tous les cantons suisses et à les rançonner. A sa suite, les agents du Directoire levaient des contributions, exigeaient des réquisitions, dépouillaient les églises, violaient les dépôts publics. Les libres habitants des grandes Alpes, les gens de Scbwitz, d'Unterwalden et d'Uri, qui avaient maintenu leurs franchises depuis quatre siècles, les défendaient présentement contre des républicains ; ils refusaient de se soumettre à des étrangers qui venaient, les armes à la main, leur imposer une constitution et un directoire, Mulliausen, ville libre alliée de la Suisse, était contrainte à voter sa réunion à la France. Quelques semaines après, Genève, déjà livrée à une faction démagogique, renonçait, sous les baïonnettes, à son existence indépendante qu'avait honorée