MISSION DE FRANÇOIS DE NECFGUATEAU
un glorieux développement des lettres, des sciences, (le la philosophie, des vertus civiques, de Tindustrie et de la richesse. Les Genevois se soumirent; mais nul (les pays conquis ne regretta peut-être aussi profondément, par raison plus encore que par sentiment, son honorable nationalité.
Le Directoire, en même temps qu'il envoyait Siéyès à Berlin , confiait une mission non moins importante à un homme, qui était loin d'avoir autant d'esprit et qui jusqu'alors n'avait eu aucun rôle politique. François de Neufchâteau était connu par quelques vers aimables et flatteurs que Voltaire lui avait adressés. Le jeune poëte, à qui ce souverain de la littérature écrivait en 1766 : >
Si vous brillez à votre aurore • . .
Quand je m'éteins à mon (M)U(^ant , . » /
n'avait jeté aucun éclat. Lorsqu'il fut élu député à l'Assemblée législative, il était tout au plus un homme de lettres du second rang. Ses opinions n'avaient 'janiais dérivé à l'exagération révolutionnaire; il avait» même été emprisonné comme suspect pour avoir fait jouer au Théâtre-Français un drame que le comité de salut pubUc accusa d'être favorable à la féodalité, parce qu'il avait mis sur la scène un lord écossais. Placé au ministère de l'intérieur, il avait écrit beaucoup de circulaires, dont le recueil témoigne qu'il s'était occupé- de 'littérature plus que d'administration. Plus tard,*il fut nommé directeur,' afin de garder la place destinée à Treilhard. Pendant les huit mois qu*il avait passés 'dans le gouvernement, il n'avait fait acte ni de volonté, ni 'd'opinion. - ' • ' '- ' * • • • ■ Ses collèges pensèrent que la "haute position dont