MISSION DE FRANÇOIS DE MEUFCHATEAU
de quitter ses fonctions , la faculté de sortir de France avant une année révolue. Rastadt est situé sur la rive droite du Rhin. Le plénipotentiaire du Directoire s'arrêta à Seltz, qui est sur la rive gauche, îe fleuve entre deux. Il ne pouvait se départir en rien des instructions qu'il avait reçues. Sous des formes douces et polies , il reproduisit les prétentions qui n'avaient pas été admises par le congrès. Le plénipotentiaire autrichien répondit qu'il n'avait point de pouvoirs pour traiter des intérêts du corps germanique ; il réclama les compensations qui lui avaient été promises pour la cession des territoires autrichiens de la rive gauche, et fit remarquer diverses violations aux articles textuels du traité, entre autres l'application des lois révolutionnaires aux émigrés belges dont le Directoire confisquait les biens.
Les conférences de Seltz étaient donc tout aussi stériles en résultats et en décisions que le congi'ès de Rastadt. Le cabinet de Vienne avait mis un terme aux concessions et aux complaisances , que l'opinion allemande, l'empereur de Russie et le gouvernement anglais lui reprochaient ; il commençait à n'espérer aucun avantage de son traité avec la France; il tendait à se rapprocher de la politique des autres puissances. C'est ce qu'on pouvait conclure de l'inaction du comte de Cobenzel et de sa résistance passive aux exigences du Directoire ; il demandait que la Suisse cessât d'être occupée par une armée française; il refusait de reconnaître la république romaine , tandis que M. François de Neufch|lteau proposait de lui réunir la Toscane, en indemnisant le grand -duc avec des territoires allemands. Dans d'autres conversations le comte de Cobenzel