‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 6 sur 174 · décembre · texte numérisé non relu

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SITUATIOlf BU GOUVERNEMENT. 23

Mais il importait au générai Bonaparte de ne point prononcer l'impossibilité de cette entreprise. Avant de se décider à une autre grande expédition, il fallait y mûrement réfléchir , s'informer des moyens d'y réussir, calculer les chances de «uccès , amener le Directoire à y consentir y y préparer Y opinion publique. D'ailleurs, le gouvernement directorial, flottant au gré des circonstances révolutionnaires, environné de l'aversion de toute la partie estimable et sensée de la nation, pouvait ne pas avoir une longue durée, et le général Bonaparte, qui prévoyait que le pouvoir passerait entre ses mains, ne voulait pas s'éloigner du théâtre de la politique, avant de s'être assuré que cette chance n'était pas prochaine.

Ainsi, il s'occupa des préparatifs de la descente en Angleterre dans la pensée qu'il pourrait leur donner une autre destination. Sous sa direction, Desaix pressait les constructions navales et les approvisionner ments. Il avait son intime confiance ; dans leurs longues conversations à Milan et à Passeriano , toutes les probabilités de l'avenir, tous les desseins que concevait son génie ou que formait son imagination avaient été traités avec détail. En ce moment, il lui parlait de la situation intérieure de la République, de la possibilité d'une crise, et l'engageait à sonder l'opinion des autres généraux ; mais tous deux reconnaissaient que le moment n'était pas encore venu.

Le Corps législatif, dans sa composition actuelle, ne laissait pas espérer le succès du projet conçu avant le 18 fructidor; il ne pouvait plus être question de lui faire voter la dispense d'âge, qui aurait assuré la nomination du général Bonaparte au Directoire; la majorité

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