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Ce n'était pas la première visite que Nelson eût faite à Naples. Avant d'aller à la recherche de la flotte française y il s'était arrêté un instant en vue de la côte; une chaloupe l'avait porté à Naples. Là, chez lady Hamilton , femme du ministre d*Ângleterre , il avait eu avec la reine un entretien secret et lui avait juré qu'il périrait ou reviendrait vainqueur.
Soit que cette première visite à lady Hamilton eût fait sur lui une impression profonde , soit qu'il fut séduit par l'admiration passionnée, dont cette belle personne lui prodiguait les témoignages, Nelson passa à Naples dix jours de triomphe et de fêtes continuelles. La cour et le peuple l'entourèrent à Tenvi d'hommages : c'était de l'adoration; lady Hamilton était devenue aussi une héroïne qui participait à sa gloire. Jamais vainqueur ne se laissa récompenser par tant de jouissances.
Ces témoignages d'animosité, ces insolentes provo* cations confirmaient le Directoire dans le dessein d'envahir et de révolutionner le royaume de Naples ; mais il tardait à faire éclater son ressentiment. En ce moment; il paraissait moins emoressé que la reine Caroline à commencer la guerre. L'Italie entière semblait prête à se soulever, exaspérée par une occupation si dure et si ruineuse; on apprenait qu'à Malte la po* pulation s'était insurgée. Les armées russes étaient en marche; les armées françaises étaient diminuées en nombre > commandées par des généraux dont la renommée n'était pas éclatante. Tout présageait que la coalition nouvelle allait écraser la France révo^ lutionnaire. D'ailleurs le gouvernement napolitain voyait un grand avantage à prendre l'oITensive avant que les Français eussent réuni leurs forces. On ne
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pouvait pas se dissimuler qu'ils avaieot le dessein de soumettre la Toscane et le Piémont, de chasser lenrs souverains, pour ensuite traiter Naples de la même sorte.
La résolution ainsi arrêtée , la cour de Naple9 ne garda plus aucun ménagement. Le nouvel ambassadeur de France n^était pas encore arrivé. " Il fut d'abord question de ne le point admettre , en donnant pour motiS» de ce refus, qu'il avait voté la mort de Louis XYl; avant de se décider, on le retint à la frontière sans lui envoyer de passe-port. Toutefois, après le départ de Nelson, il lui fut possible d'arriver à Naples et de remettre au roi ses lettres de créance, en prononçant un discours beaucoup plus convenable et plus conciliant que celui de Garât.
Par une singulière inconséquence, le jour même où Incombe Saint -Michel assurait le roi de Naples des intentions pacifiques du Directoire, le journal officiel imprimait une diatribe , véritable déclaration de guerre. — « Quelle est donc celte inconcevable démence qui entraîne la cour de Naples à sa perte
(rest la peur qui a conseillé à Leurs Majestés (il y a trois majestés à Naples, la reine , Âcton et puis le roi) des mesures si extraordinaires , si contraires à leurs vrais intérêts.... a Puis venait Ténumération de tous les griefs : la levée extraordinaire; l'accueil fait aux Anglais ; -le manque d'égards pour les agents de la République; les vexations exercées contre les amis de la France. Le journaliste du Directoire imputait aussi aux manœuvres du gouvernement napolitain les insurrections qui éclataient dans TÉtat romain contre la nouvelle république et l'occupation française. Toute cette
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conduite était attribuée à rinfluence d'une femme irascible, impérieuse, inconsidérée.
ff Tant d'audace et d'inconséquence pourraient-elles rester impunies? A moins qu'une prompte paix continentale ne devienne une égide pour le royaume de Naples, une nuée de républicains de diverses nations franchira le petit fleuve' qui sépare le territoire napolitain de celui de la république romaine. »
Peu de jours auparavant, une adresse du conseil des Cinq-Cents au peuple français, écrite par Chénier, s'était répandue en menaces plus explicites. — <c Malheur aux rois inconsidérés , que les corruptions de TAngleterre entraîneraient à une guerre nouvelle. Le premier coup de canon tiré par eux contre la république française fera crouler dans leurs États le colosse gouvernement héréditaire....
L'ambassadeur de Naples à Paris se plaignit de cette double publication. Le Directoire allégua l'indépendance du Corps législatif et la liberté de la presse. L'article du journal n'était pas inséré dans la partie officielle. Une sorte de note, adressée par le gouvernement romain aux commissaires français , pour les requérir de ne point retenir Télan du peuple romain , était encore plus injurieuse. C'était une véritable déclaration de guerre.
En effet, elle allait commencer: le marquis de Gallo signifia à l'ambassadeur de France, au nom du roi, que les États pontificaux et l'île de Malte, envahis en violation manifeste des traités , devaient être évacués par les armées françaises. La réponse du Directoire ne pouvait être douteuse. Il eût peut-être voulu difft^