LES FRANÇAIS ENTRENT A NAI»LBS
municipales pour les engager à se rendre, en leur promettant beaucoup de ménagements; le messager fut reçu à coups de fusil par les lazzaroni et revint en fuyant. Un autre fut envoyé déguisé. Il parvint dans la ville ; mais à qui donner cette lettre ? Il n'y avait plus de sénat; Rocca-Romana et Moliterno étaient en fuite; le messager ne put remettre la lettre à personne.
Le 22 janvier se passa ainsi, et le 23 commença lattaque. Les lazzaroni combattirent en désespérés, mais sans ordre et sans chefs. Ils étaient trahis de toutes parts. Des républicains les conduisaient dans les rues où les batteries françaises devaient les exterminer.
Déjà les colonnes d attaque avançaient dans la ville. Tous les forts étaient au pouvoir des Français. Championnet arrêta son mouvement; il fit élever une bannière blanche, et lorsqu'il eut réuni autour de lui un grand nombre de gens du peuple, il parla en italien ; il leur disait que la résistance était insensée; que les Français leur apportaient la paix^ Tabondance, un meilleur gouvernement; il promettait, par serment» que les personnes, les propriétés^ la religion ef le bienheureux saint Janvier seraient respectés.
Son discours leur fit impression ; ils l'écoutèrent et se laissèrent persuader. Ce Michel le Fou, que les lazzaroni avaient choisi pour chef, s'avança vers le général et demanda qu'une garde d'honneur fût envoyée à saint Janvier. Aussitôt deux compagnies de grenadiers marchèrent vers la cathédrale en criant : — « Vive saint Janvier! » — Et les lazzaroni répondaient par : — « Vivent les Français ! »
Naples se trouva calmée comme par miracle, l^^