‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 82 sur 174 · ÀBDIGATION DU ROI CHARLES -EMMANUEL · texte numérisé non relu

ÀBDIGATION DU ROI CHARLES -EMMANUEL

blait, en ce moment, éloignée de prendre pour délégués et pour instruments les jacobins.picmontais. C'est ce qui arriverait de même, si le pays était donné à la république cisalpine. On voyait quel désordre y régnait, quelle division en partis dont Tambition et la jalousie étaient en lutte continuelle et produisaient de fréquentes mutations dans le gouvernement. D'ailleurs, ces mouvements restaient subordonnés à la volonté des généraux ou des agents français, et réellement, la liberté cisalpine était une servitude imposée par des étrangers.

Ainsi il valait mieux être réuni à un maître puissant et fort, que d'avoir un gouvernement sans véritable autorité, livré à l'esprit de parti , et essentiellement provisoire. Si on devait perdre sa nationalité, il valait mieux se confondre avec un peuple vainqueur qu'avec un peuple conquis et sans indépendance, comme étaient les Lombards.

La commission se décida pour la réunion à la France; la municipalité de Turin fut aussi de cet avis, et tous les commissaires des provinces reçurent l'ordre d'ouvrir des scrutins pour recueillir les votes du peuple : car on procédait selon le dogme de la souveraineté du peuple.

S'il y avait eu quelque vérité dans ce mode de consultation, assurément la réunion eût été repoussée par la grande majorité des classes pauvres et sans lumières. Elles abhorraient les étrangers, et ne pouvaient, en aucune façon, juger ni du bien ni du mal qui pourrait être la conséquence d'un refus ou d'une acceptation du projet de réunion. Les révolutionnaires, les hommes animés du patriotisme italien étaient exaspérés et s'agitaient pour soulever le peuple, non-scullî. 21

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